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Paludisme, bestioles et autres petits inconvénients

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Le paludisme (ou malaria en anglais) est malheureusement encore une des grandes faucheuses de notre planète : un petit million de morts par an suivant les années et près de 225 millions en crises régulières. En 2009, on estime 2.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour, soit un enfant toutes les 45 secondes... Ces chiffres donnent le vertige, même s'ils sont en diminution depuis quelques années grâce à l'amélioration des techniques de protection (moustiquaires et insecticides).

On n'est jamais à l'abri, même bien informé. Certains se souviendront peut-être du pharmacien Gérard Pesty et son trimaran Architeuthis. Il nous avait fait rêver dans les années 70, au travers de ses récits édités chez Arthaud, narrant ses expéditions dans les grands deltas sud-américains. Il est mort en 1997 de la malaria, en croisière à Haïti.

L'ennemi public N° 1 est la famille des moustiques anophèle. Plusieurs branches de cette famille sont les vecteurs des parasites Plasmodium. Bizarrement, ce sont uniquement les femelles qui piquent et risquent de parasiter le sang de l'homme. Un homme porteur du parasite peut lui même se faire piquer par une anophèle saine. Celle-ci pourra ensuite essaimer les parasites en piquant d'autres hommes, etc...

La bestiole est sournoise :

  1. une seule piqûre d'une seule anophèle porteuse suffit
  2. le vol de l'anophèle est silencieux
  3. sa piqûre est indolore
  4. elle ne pique que la nuit

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La Maladie

Daniel, un copain suisse, a contracté le palu au Venezuela (normalement réputée zone non à risque). Avant d'être soigné sur place, il a déliré pendant une semaine, puis déprimé sous forte fièvre, avant l'arrêt des accès. Un an plus tard, après une seconde crise en Suisse, il a été sérieusement soigné à Genève et ne craint en principe plus une nouvelle crise.

Sans médication, la pièce se joue en 3 actes :

  • incubation : rien ne se passe durant les 7 à 21 jours qui suivent la piqûre, puis une première crise de fièvre (38°) accompagnée de troubles gastriques et digestifs
  • crises : elles durent de 6 à 8 heures, souvent tous les 2 jours. Une première attaque de frissons glacials, suivi par un accès de fièvre (40°) encadré d'un solide mal de tête, suivi de bouffées de sueurs annonçant la fin de la crise
  • évolution : disparition progressive des crises et atténuation des accès sur une période allant jusqu'à 3 semaines ou ... complication et risque mortel (accès pernicieux ou neuro-paludisme). Des crises restent possibles dans les mois ou les années qui suivent

Je vous invite à lire le paragraphe "Cycle du Parasite chez l'humain" dans l'article de Wikipedia pour en savoir plus.

  • Le Traitement

    La panoplie des médicaments de prévention permet également (comme le LARIAM en dose élevée) de contrecarrer la maladie. Cependant un traitement sérieux, s'effectue en milieu hospitalier pour permettre le dépistage des complications qui peuvent être mortelles. Les médicaments préventifs n'assurent pas une garantie à 100 %. Toutes les recommandations vont dans le même sens : la prévention.

    La Prévention

    La prévention diminue le risque de 80 à 90%. Ce sont des gestes simples :

    • porter des pantalons longs et des chemises à manches longues le soir
    • utiliser du répulsif de qualité sur la peau à base de DEET (= N-diethyl-3-methylbenzamide : CINQ SUR CINQ, INSECTECRAN PEAU ou JAICO)
    • utiliser du répulsif de qualité (base DEET) sur les vêtements (INSECTECRAN VETEMENTS)
    • utiliser une moustiquaire au-dessus du lit et la border. Choisir le modèle imprégné (TROPENZORG, descendre sur la page web > modèle CARE PLUS) en forme de boîte qui se place au dessus du lit et permet de bouger sans toucher la moustiquaire (magasin de voyages)
  •  

    Pour empêcher les bestioles d'entrer dans le bateau, nous avons quelques trucs :

    The TRUC : pour faire très simplement des moustiquaires pour les panneaux de pont, il suffit d'acheter du tissu moustiquaire au mètre. Le découper en carré ou rectangle, après avoir testé s'il englobe bien le panneau ouvert. Ensuite faufiler un ourlet périphérique dans lequel on aura glissé une amarre plombée, ou une chaînette inox de 4 mm. Cela ne bouge pas et on peut même fermer et ouvrir le panneau de l'intérieur s'il pleut. On peut également les acheter tout fait chez Swisstech

    Cheap TRUC : lors de notre premier périple de 6 semaines sur l'Amazone, nous avons simplement collé du tissu moustiquaire au Grey Tape, à l'extérieur des hublots ouvrants vers l'intérieur (vous avez suivi ?). C'est simple, c'est beaucoup moins cher que les moustiquaires de chez Lewmar ou Goïot, mais c'est un peu moche

    Fan TRUC : comme la moustiquaire freine sensiblement la circulation de l'air dans le bateau, un ventilateur est grandement apprécié (Hella, 12 ou 24V inusable)

    Anchor TRUC : pour les mouillages sur les fleuves, il faut rester à distance de la rive (50 m) et dans le courant. L'inverse est propice à l'invasion des moustiques (voir chapitre "Moustiques" à la page 7 dans Navigation sur les fleuves tropicaux).

    Crazy TRUC : pour la grande aventure, j'ai même une salopette moustiquaire intégrale, protégeant tout le bonhomme. Utilisé seulement à quelques rares occasions (soirée alligators sur l'Orénoque ou attaque massive à Buenos Aires !). On a l'air d'un martien, c'est un peu chaud, ça fait peur aux enfants mais on est bien protégé.

    Pour éloigner les bestioles volantes, nous avons quelques armes :

    • une plaquette imbibée et insérée dans un tout petit ventilateur sur pile. Discret et efficace (from France)
    • des sprays de toutes marques (on en trouve absolument partout) qui sont les seules armes efficaces contre les bestioles
    • acheté au Brésil : un petit pulvérisateur à main, vendu avec un bidon de 5 litres d'insecticide … Pas encore testé
    • les appareils à ultrasons sont inefficaces et les lampes néon bleues à électrocution vont rameuter tout ce qui vole vers le bateau
    • la raquette de tennis électrique (photo ci-contre, en vente dans les bricos). Utilisable sur les insectes lents, mais on finit toujours par prendre une bonne douille dans les doigts. Pas écolo, seulement rigolo, consomme beaucoup de piles

     

    Et puis il y a les endroits comme sur le Siné Saloum au sud de Dakar ou sur l'Orénoque, où les bestioles sont tellement nombreuses qu'il faut se réfugier à l'intérieur dès 20h00, tous feux éteints, bateau fermé. Un grand coup de spray dans le bateau, puis au lit sous la moustiquaire. Au milieu de la nuit, quand on suffoque, on ouvre un panneau de pont avant de replonger sous la moustiquaire. La journée, les moustiques fichent la paix en général. Ouf !

    Les Zones à Risque

    L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a classé le monde en 3 zones de résistance aux médicaments. Il faut donc se référer à une carte actualisée avant de quitter l'Europe pour les zones à risque car la situation peut évoluer. Les médicaments à prendre seront fonction de la zone où vous irez.

     

    La Zone 3 est celle où les moustiques sont les plus costauds. La Chloroquine les fait marrer. Dans l'Atlantique, ce sera pour nous marins, le cas de l'Afrique sub-saharienne et de la côte NE du continent sud-américain, de Fortaleza (Brésil) au Vénézuela (inclus Amazone et Orénoque). C'est surtout vrai en rentrant dans les terres. Le risque est nettement moindre sur la côte.

    La Zone 2, concerne essentiellement l'Inde, le Pakistan et l'Asie du Sud-est.

    La Zone 1 (Afrique du Nord, Cap Vert, Grandes Antilles, Amérique centrale), on n'a rien pris, mais nous avons à bord une pharmacopée (LARIAM, MALARONE + autres) permettant de faire face à une éventuelle crise.

    Comme vous le voyez, pour un tour de l'Atlantique en bateau, il y a aujourd'hui des risques presque partout...

    Les Médicaments

    Le premier médicament moderne a été le LARIAM (Méfloquine) dont le seul avantage est de se présenter en comprimés hebdomadaires. Pour le reste, il suffit de lire la notice pour se demander s'il n'est pas préférable de rester chez soi ou de contracter la maladie. Vous y verrez que les nombreux effets secondaires possibles rendent ce médicament incompatible pour certaines personnes.

    Plus récemment commercialisé , la MALARONE (Atovaquone + Proguanil). Catherine l'a utilisée avec succès sur l'Orénoque. Elle n'a pas eu les effets secondaires causés chez elle par le LARIAM. Pour une première fois, il n'est donc pas idiot d'acheter les 2 médications et de les essayer avant d'arriver sur place. Théoriquement la prise de Malarone ne doit pas excéder 3 mois, ce qui donne tout de même 11 semaines sur la zone à risque.

    Pour ceux qui ne supportent pas ces deux médicaments, il reste un traitement aux antibiotiques (Vibramicyne - Doxycycline), ce qui n'est évidemment pas idéal pour l'organisme (sensibilisation au soleil >> pas d'exposition, difficultés digestives, diminution de la sensibilité aux antibiotiques). Catherine l'a utilisé sur l'Amazone.

    Pour un long séjour, comme notre voyage sur l'Amazone, j'ai pris du LARIAM pendant 3 mois, puis pendant 6 semaines pour le périple Orénoque. Catherine a pris des antibiotiques durant 3 mois sur l'Amazone et de la MALARONE durant 6 semaines sur l'Orénoque. Bof ...

    Une idée des coûts

    En 2011, voici les coûts moyens des principaux médicaments hors remboursements éventuels par la sécurité sociale (possible de les trouver moins cher) :

    Lariam : 38€ pour 8 comprimés, soit 38€ pour un séjour de 3 semaines sur place (8 comprimés)

    Malarone : 36€ pour 12 comprimés, soit 108€ pour un séjour de 3 semaines sur place (29 comprimés)

    Doxycycline générique : 8€/30 comp. et 4€/15 comp., soit 20€ pour un séjour de 3 semaines sur place (72 comp.)

     

    Pour l'achat des médicaments, il est prudent de s'en faire un stock en Europe ou avant d'arriver sur place. Mais pour information, il est possible de s'en procurer à bon prix à Dakar (pharmacie sur la place de l'Indépendance) et le LARIAM est vendu au 1/3 du prix européen à Trinidad (West Mall). Cette remarque est d'ailleurs générale, au Brésil nous avons racheté des antibiotiques de marque (dans une pharmacie), à prix bien inférieur à celui pratiqué en Europe par le même fabricant. Les pharmaciens ne nous ont pas demandé de prescription et semblent compétents pour la prévention dans leur région.

    Il faut se soigner rapidement si le paludisme se déclare. C'est une affaire de spécialiste, mais sachez qu'il existe maintenant un suppositoire à base d'artésunate, un antipaludéen dérivé d'une plante chinoise, l'artémise. Un seul suppositoire fait chuter de 60% la quantité de parasites en 12 heures. Existe aussi en comprimés. Il est peut-être utile d'en avoir, en attendant de pouvoir consulter un médecin. Lire toutefois l'alinéa "Début 2011" juste ci-dessous.

    Les avancées

    Octobre 2002 : un espoir existe pour les 2 milliards de personnes dans le monde exposées au risque du paludisme : le génome du parasite (plasmodium falciparum) a été décodé par des équipes de chercheurs occidentaux et les résultats ont été publiés. Ce n'est que le début d'une autre longue recherche pour essayer de trouver un vaccin contre ce fléau. On parle d'un délai de 10 à 15 ans.


    Mars 2007 : une date clé pour les millions de personnes soumises aux crises de paludisme dans les pays du tiers monde : l'ASAQ est disponible. C'est un médicament qui combine artésunate et amodiaquine en posologie simple. Mis au point par le laboratoire Sanofi-Aventis, ce produit n'est pas breveté et le traitement est d'un prix très abordable et de qualité.


    Avril 2008 : non brevetée, l'ASMQ (artésunate + méfloquine) est proposé aux structures publiques des pays endémiques à prix coûtant, soit au prix cible de 2,50 USD pour le traitement complet d’un adulte.  Ce nouveau traitement sera proposé aux patients – enfants et adultes – dans toute l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est dans le courant des années 2008 et 2009. Soutenus par DNDi, Farmanguinhos et le fabricant de génériques indien Cipla ont conclu un accord de principe sur un transfert de technologie, ce qui permettra aux patients d’Asie du Sud-est de disposer d’un fabricant local.  Mais début 2010, les informations sur la diffusion de ce médicament sont rarissimes. QUID ?

    Fin 2009 : les études pour la production d'un vaccin diminuant notoirement la contraction du paludisme continue son lent cheminement. GlaxoSmithKline, avec le soutien de Malaria Vaccine Initiative Path, étudie la question depuis plus de 20 ans, la seconde phase de tests s'est achevée après 10 ans d'essais. Une troisième phase va démarrer simultanément dans plusieurs pays d'Afrique et concernera 16.000 enfants. Ce vaccin concerne d'ailleurs principalement les enfants en dessous de 5 ans. Cette dernière phase devrait durer près de trois ans et la disponibilité du vaccin est espérée vers 2014. L'action de ce vaccin est orientée vers une lutte contre les parasites présents dans le corps. Les projets à plus long terme consistent à empêcher la transmission de la maladie à l'Homme. Objectif 2025 ...


    Fin 2009, autre : une découverte intéressante et surprenante nous vient de l'Imperial College de Londres. Le dr. F.Catteruccia a publié le 22/12/2009 dans la revue PlosBiology ses recherches sur le scellement du sperme chez l'anophèle femelle. (Transglutaminase-Mediated Semen Coagulation Controls Sperm Storage in the Malaria Mosquito). On y apprend qu'une fois le sperme du mâle transféré dans la femelle, celui-ci dépose une substance coagulante qui va former un bouchon évitant au sperme de s'évacuer et empêchant tout autre prétendant de dispenser son précieux liquide séminal. En prévenant la formation de ce "bouchon d'accouplement", la femelle devient infertile. Et la population des anophèles diminue considérablement entrainant dans sa chute la contamination du parasite à l'homme. Evident mon cher Watson !


    Début 2011 : les médicaments les plus récents à base d’artémisinine (voir alinéas 2007 et 2008 juste ci-dessus) commencent déjà à rencontrer une forme de résistance. Le parasite est décidément très adaptatif. C’est le jeu du chat et de la souris, version biologie meurtrière. 


    Fin 2011 : le même GlaxoSmithKline publie les résultats de la phase 3 (voir alinéa 2009 juste ci-dessus), la dernière avant l’enregistrement du premier vaccin contre le paludisme prévu pour fin 2012. Le principe du vaccin est de simuler de façon bénigne l’attaque du parasite chez l’enfant afin que son système immunitaire se développe face à une agression future du véritable plasmodium.
    Les résultats du vaccin donné à des enfants de 5 à 17 mois montrent que le risque de présenter un épisode de malaria clinique est réduit de 56%, celui d’une crise sévère est réduit de 47%. Ceci durant l’année qui suit l’injection du vaccin. Malheureusement, les résultats tombent à 35% de diminution, 12 mois après l’inoculation du vaccin. Des essais sont en cours pour voir si le vaccin donné à des enfants âgés de 5 à 12 semaines ne permettrait pas une amélioration de la protection.
    Une protection à seulement 50% ? Oui, mais en chiffres absolus, c’est potentiellement la moitié des 230 millions de personnes atteintes dans le monde qui est concernée, même s’il est trop tard pour ceux-ci car le vaccin vise essentiellement les enfants, cible préférée de la morbidité. On parle ici de plusieurs centaines de milliers de petites vies épargnées.
    Ce vaccin ne sera disponible que pour les enfants habitant les zones géographiquement exposées au paludisme (il n’est d’aucune utilité pour les voyageurs). GSK sera capable de produire des millions de doses (à prendre en 3 ou 4 prises), mais ces chiffres restent modestes par rapport aux besoins. Le vaccin de GSK sera vendu quasi à prix coûtant, mais celui-ci n’est pas encore fixé. Et puisque vous lisez ces lignes sur un support informatique, probablement géré par Windows, sachez que la Fondation Gates (celle de Bill et Melinda) apporte une contribution importante à ce vaccin contre le paludisme. Dites-vous que vous y participez un peu … Cette fois, j’ai un peu honte avec mon iMac et la radinerie de feu Steve Jobs.

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    La lutte est lente, mais on progresse.

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    L'origine de la maladie aux Amériques

    Une étude du PNAS (Proceedings of the National Academy od Sciences of the USA) avance l'hypothèse de l'introduction du parasite Plasmodium falciparum sur le continent américain via le trafic négrier entre le XVIème et le XIXème siècle.

    En effet, les caractéristiques génétiques du parasite présent aux Amériques sont plus proches de celles du parasite africain actuel que du parasite asiatique actuel. Par ailleurs, les deux groupes génétiques présents aujourd'hui en Afrique de l'Ouest sont présents aux Amériques (essentiellement latine et sud).

    Un autre parasite (Psalmodium vivax), moins ravageur était présent à l'époque précolombienne comme le montre l'analyse de momies. Les accès de fièvre étaient contrés avec de l'écorce de Quinquina, ont rapporté les premiers missionnaires de la conquête espagnole.

    La conquête du continent par le Psalmodium falciparum n'aurait que quelques siècles et son développement a été rapide vu la densité et la reproduction rapide des moustiques anophèles.

    Le génome du parasite sud-américain actuel pourrait aussi porter certaines marques asiatiques qui pourraient être expliquées par le "Coolie trade" (milieu du 19ème siècle), transfert de 150.000 hommes de peine asiatiques vers les plantations du Pérou.

    La génétique promet une remontée plus lointaine dans l'histoire du parasite. Il semble bien que l'origine du parasite se trouve chez les grands singes africains. Sa migration est ensuite passée par les petits singes, les primates puis enfin vers l'homme.

    A suivre ...


    Toutes les informations données ici sont le fruit de notre expérience et de nos recherches documentaires. Il ne FAUT PAS les prendre pour un mode d'emploi. Vous devez vous informer personellement et SEUL UN MEDECIN spécialisé est habilité à vous conseiller formellement.

    Voici 3 sites pour en apprendre plus et de façon compréhensive sur le sujet :

     

     

    La Dengue

    Pour en terminer avec le chapitre des moustiques, il faut encore citer la dengue, transmise par un autre type de moustique (Aedes, le même que celui de la fièvre jaune). Une grosse tueuse également avec 20.000 morts /an.

    Deux de nos camarades l'ont contracté sur l'Amazone. Etat fébrile, grippal et abattu durant plusieurs jours, Il convient de ne JAMAIS donner d'Aspirine contre-indiquée, mais prendre du Paracétamol.

     
     

    Le joli Cafard

    Seulement dérangeant, peu ragoûtant mais inoffensif, le cafard est un hôte qui arrive sur nos bateaux sans y être convié. Pour cet insecte nocturne, tous les moyens sont bons. A Salvador de Bahia, ils grouillent sous les pontons et montent à bord en cheminant de nuit sur ... les amarres. Observez votre premier cafard écrasé, vous verrez qu'il a également une paire d'ailes ... mais je n'en ai jamais vu voler. Sa réputation est plutôt de trop parler ...

    Ils se planquent, invisibles dans l'épaisseur des caisses de carton. Ils adorent la touffe des ananas, la poussière des pommes de terre, l'espace entre les feuilles de salade, entre les premières peaux des oignons ou le régime de bananes.

    La meilleure technique est de les empêcher de monter à bord. Donc, pas de caisses en carton sur le bateau, on coupe les touffes d'ananas avant de les embarquer et tous les fruits et légumes sont plongés à l'arrière du bateau dans une grande bassine remplie d'une solution de permanganate de potassium (en vente en sachet chez le pharmacien en Europe).Une fois soigneusement lavés, les fruits et légumes sont essuyés et rangés.

    Les cafards arrivent petits et grandissent à bord à une vitesse surprenante, on les voit se balader la nuit d'un pas rapide et courageux. La fécondité des lapins est ridicule à côté de la leur. Alors comme nous ne sommes pas à l'abri de cafards francs-tireurs, nous avons disposé dans le bateau une vingtaine de petites boîtes noires remplies d'une substance qui les stérilise (vendues par 4 ou 6 dans toutes les superettes de la ceinture tropicale).

    Un autre système pour les mettre hors service, est la boite de carton dont la base est enduite de colle. Au centre de la surface encollée, il y a un appât. Les avantages de ce système sont qu'il est écologique et que vous voyez ce que vous capturez. C'est motivant !

    Pièges écologiques à blattes et 100% biodégradables (en grandes surfaces)

    Nous avons eu deux mini-invasions, et nous nous en sommes débarrassés en deux semaines à l'aide des boîtes et d'un spray adéquat pulvérisé partout dans les coffres du bateau.

     

     

    Le Rat des Tropiques

    Plus grosses bestioles : les rats. Quand ils ne vous refilent pas la leptospirose (fréquent sur l'Amazone), ils peuvent provoquer de gros dégâts dans le bateau (avitaillement, câbles électriques). Il faut absolument s'en débarrasser au plus vite.

    Ils ne montent à bord en général au port et de nuit, par les amarres ou en sautant du quai sur le bateau. Mais un bateau ami en a récupéré un au mouillage à plus de 100 m de la rive. Ils l'ont abattu à la machette dans la jupe arrière ... Gloups !

    En cas de risque (partout sur l'Amazone et conseillé ailleurs au Brésil), il faut mettre sur les amarres des bouteilles plastiques d'1,5 L fendues sur leur hauteur, cela devrait les empêcher de passer. En revanche, pas de solution à couple du quai. Garder toutes les issues bien fermées, ce qui est torride sous les tropiques.

    Catherine déteste et a peur des rongeurs. J'avais donc acheté avant de partir deux tapettes à souris. Le modèle français est un peu ridicule vu la taille du rat que nous avons hébergé quelques jours à Almerim (Amazone). Le modèle brésilien en ferraille dentée est plus carnassier.

    Notre rat est reparti seul vers les quais, sans dégâts apparents. Heureusement, car circuler la nuit dans le bateau entre les pièges se comparait à une promenade dans un champs de mines ! Plusieurs bateaux ont eu leur rat. Nos pièges ont servi avec succès à d'autres.

    En Sardaigne, le long d'un quai désaffecté, un rat que je suppose de belle taille est passé nuitamment par le hublot de la cuisine. Il a soigneusement rongé le saucisson sec acheté la veille avant d'uriner et de crotter, tout en repartant sur le pont avec un bloc de parmesan. Difficile de détacher l'urine de rat sur la housse de la banquette ... Moralité, les moustiquaires peuvent servir à autre chose qu'aux moustiques.

     
     

    La Leptospirose

    Je reviens une seconde sur la leptospirose. Cette maladie bactérienne (spirochete) est mortelle dans 3 à 5 % des cas. Il existe une forme assez foudroyante qui a ôté la vie à une navigatrice en Polynésie (2004 - Raïatea). J'ai lu cette information dans une revue nautique française. Elle avait consommé des boissons directement à la boite. Il s'est avéré après coup que les dessus des boites étaient pollués par de l'urine porteuse de la bactérie (rat, chien, chat ?).

    Malgré une apparence propre, il ne faut jamais oublier que les boîtes sont des emballages qui peuvent être souillés facilement dans les lieux de stockage, surtout dans les contrées exotiques. Souvent au Brésil, vous verrez les consommateurs frotter méticuleusement le dessus de la boite avec une serviette de papier avant de l'ouvrir. La consommation de la boisson dans un verre limite aussi les risques, à moins que le verre lui-même ...

    La bonne nouvelle est qu'il existe un vaccin contre cette maladie : SPIROLEPT (2 injections à 15 jours et un rappel entre 4 et 6 mois. Ensuite tous les 2 ans). Sur ordonnance et pas d'effets secondaires majeurs à redouter.

    La mauvaise nouvelle, c'est que c'est assez cher. Les égoutiers de Paris sont tous vaccinés. Mais Benoit, mon copain toubib, m'a tout de même expliqué que le risque à notre niveau était bien plus faible. A moins de tirer des bords dans un océan de ...

     

     

    Les Serpents

    A terre et sous les tropiques, on s'en méfie. C'est une réaction naturelle. Mais il faut aussi avoir un œil sur les branches. En dinghy, dans les furos amazoniens, un joli boa vert peut être assoupi en spirale au-dessus de vous. Ce n'est pas nécessairement dangereux mais la rencontre est emplie de respect.

    Je ne me suis jamais senti à l'aise dans l'Amazone après que notre ami Vincent ait découvert un serpent de plus d'un mètre roupillant dans la jupe arrière de son Lévrier des Mers … au mouillage. Un serpent nage très bien. Nous l'avons bien observé dans le port communal de Salvador de Bahia, à côté de Caramel et sur le rio Tapajos (Amazone) : à 300 m de la rive, un gros boa traversait énergiquement vers l'autre rive distante d'au moins 1000 m.


     

    Les îles flottantes sur les fleuves tropicaux sont un habitat naturel pour les petits serpents. J'y vais donc y jardiner avec circonspection.

    Les reptiles ne sont pas tous venimeux et ont surtout une vie nocturne active, ce qui est normalement l'inverse de la nôtre.

    Les promenades en forêt nous verront plutôt équipés de pantalons longs et de chaussures de marche montante, malgré la température.

    Vous l'avez bien senti, je n'ai pas une passion pour les bestioles sans pattes.

    Pour apprendre sur ce sujet et bien d'autres, faites-vous offrir « Survivre en milieu hostile » du Dr. Xavier Maniguet chez Albin Michel ( 512  pages - ISBN : 222603255X - EAN : 9782226032553) . C'est un must, c'est passionnant et on découvre plein de choses sur le corps humain.
     
     

    Le Mancenillier

    Le mancenillier est un petit arbre que l'on trouve sous l'équateur et les tropiques (Brésil, Trinidad, Venezuela). Les plus hauts que nous ayons vus s'élèvent à 6 m. Ils portent des feuilles vertes de taille moyenne et des fruits qui ressemblent à de petites pommes vertes.

    Il ne faut pas consommer ces petites pommes, elles contiennent une certaine teneur en acide prussique. Les feuilles suent également un liquide très acide. Ne pas s'abriter sous cet arbre en cas de pluie, sous peine d'avoir de graves brûlures.

    Un copain, pourtant vétérinaire, a voulu en goûter une légèrement. Il s'en est mordu la langue ! Maintenant, il zézaye ...

     
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    Conclusion provisoire

    Enfin, vous lirez dans la littérature spécialisée, qu'il ne faut jamais marcher pieds nus dans le sable, infesté par le larva migrans (parasites des crottes de chiens qui séjournent dans le sable), ni se baigner dans les eaux douces au risque de se faire parasiter de bilharziose. Toutefois si vous en réchappez, la ciguatera (chair de poisson toxique) vous guette au nord des Petites Antilles pour bloquer le système respiratoire avant de provoquer un arrêt cardiaque.

    C'est pour cette raison que sur Caramel, nous partons toujours en promenade avec des bottes et une combinaison de plongée. Quant aux repas c'est essentiellement du thon en boîte …

    Bon voyage !

    Dernière mise à jour : Février 2012

       

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