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technique bateau

Apparaux de mouillage et d'amarrage

 
 

Les bateaux du Rallye des îles du Soleil sont partis de Fernando de Noronha depuis 2 jours et les premiers partis arrivent à l'embouchure de l'Amazone, sur le fleuve Para au sud du delta. Il est 02h00 du matin et le courant de marée porte au large. Inutile de se fatiguer trop, les fonds sont raisonnables, il suffit de s'approcher d'un banc bien indiqué sur la carte et d'ancrer en attendant le matin. Quatre bateaux mouillent à faible distance les uns des autres par 10 m de fond. A 07h00 du matin, deux d'entre eux ont chassé sur plus de 4 milles vers l'amont du fleuve, soit une vitesse de dérapage de près de 1 noeud ! Le courant de marée était de 4 noeuds et les fonds de limon mou.

Moralité : se méfier du courant au mouillage et toujours regarder l'espace disponible pour chasser. En estimant ces éléments, on établira éventuellement des quarts de mouillage.

 
 

Cayenne, un groupe de 5 bateaux décide de s'arrêter aux îles du Salut, pour passer la nuit et visiter les ruines du bagne. Dans la baie, la mer est calme, le vent est faible, les bateaux ancrent et tous partent en annexe pour une excursion de 2 à 3 heures. Une heure après le débarquement, un grain arrive. Le ciel est noir, le vent souffle rapidement à 40 noeuds. Les équipages reviennent en catastrophe vers les bateaux. Trop tard, "Captain Smith" est déjà sur les rochers. Il tosse durement et sa coque en alu gémit à chaque branlement provoqué par les vagues. Gérard et deux camarades foncent en annexe sur le bateau qui accuse une forte gîte sur tribord. Le moteur démarre, le gouvernail répond toujours, mais le navire blessé reste cloué sur son flanc. Il faudra l'intervention d'un autre voilier du groupe pour le dégager, en le halant avec une très longue amarre (100 m) capelée sur une drisse en tête de mât. Le couple est suffisant pour coucher un peu plus Captain Smith qui se déhale hors des rochers. Le choc psychologique est profond mais le bateau était solide et bien construit (META, merci Mr Fricaud). Pas une voie d'eau, le safran est tordu mais efficace. Il rejoindra Trinidad par ses propres moyens pour une longue et spectaculaire convalescence de ses 14 enfoncements.

 

 

 

Moralité : elle est moche. Le fond était composé de limons de peu de cohérence (même genre que celui du chenal de Dégrad des Cannes), aucune ancre ne pouvait tenir un bateau. Il fallait le savoir (importance des guides nautiques) et prendre un autre mouillage ou laisser quelqu'un en veille à bord. Ce cas plutôt exceptionnel ne doit pas nous décourager, car dans la plupart des mouillages, tout va bien.

 

 


Choix de l'ancre

Le choix d'une ancre c'est comme le choix d'une religion : il faut y croire, surtout que rapidement, on va s'en remettre à elle. Il faut se faire sa propre opinion, car tous les fabricants d'ancres sont de bons prophètes, ils vous promettent tous qu'elle tiendra tous temps. La sécurité du bateau et de son équipage sont parfois en jeu et plus quotidiennement, c'est un gage de la tranquillité du sommeil du Captain.

Depuis les années 90, nous assistons à un renouveau des ancres. Plusieurs nouveaux modèles sont sortis. Ils allient la simplicité et l'efficacité. On peut citer notamment les ancres Delta, Spade, Brake, Beugel, Fortress. Ils viennent compléter l'offre des grands classiques tels CQR, Britany, FOB et l'Ancre historique à jas.

Le monde des ancres est divisé en deux hémisphères : les ancres à becs (ou ancres plates) et les ancres à soc (de charrue). Et chacune de ces catégories est divisée en ancres lourdes (acier ou inox) et ancres légères (alu ou alliages).

Comme chacun à ses (bonnes) raisons de choisir tel ou tel type d'ancre, je n'entre pas dans un vain débat et me limite à décrire plus loin le choix fait pour Caramel, compte tenu de mon expérience et du programme du bateau. J'ai ajouté quelques commentaires sur les utilisations. A vous de faire votre choix en fonction de votre programme, de votre législation et de vos préférences. Lisez les essais des ancres avec prudence, j'en ai lu beaucoup et tous ont des résultats différents, suivant les conditions de l'essai. La conclusion de la lecture de tous ces essais est … qu'il faut plusieurs types d'ancres pour répondre à plusieurs cas de figure. Sur un bateau de grand voyage, il ne faut pas lésiner sur ce poste, ni hésiter à contacter le fabricant pour discuter de ses produits.

Si pour la navigation de week-end, ou même de vacances en Europe, on se contente d'une ancre à poste sur l'étrave, il en va autrement pour un bateau de voyage. Il y a peu de ports et de marinas, on est au mouillage et il n'y a pas d'alternative : il faut tenir.

Alarmes sondeur, « anchor watch » GPS et quarts de veille

On a beau avoir tout un attirail de mouillage à bord et au fond de l'eau, il y a des endroits où l'on se sent moins à l'aise (renverse du courant, bascule du vent, fonds douteux, …). L'électronique vient un peu nous épauler. Tous les sondeurs actuels possèdent une alarme haute et une alarme basse. On a vite fait de programmer ces 2 alarmes avec des valeurs adaptées aux circonstances. Pourquoi ne pas en profiter, je vous le demande.

Le GPS offre son « anchor watch ». Il faudra paramétrer la dérive autorisée avec précaution pour ne pas faire sonner l'alarme intempestivement ou trop tard. Je trouve l'alarme sondeur plus efficace, mais les quatre bateaux amis ancrés pour une demi nuit sur le fleuve Para dans l'embouchure de l'Amazone auraient été bien intentionnés d'utiliser la leur (voir début de ce chapitre ).

Reste les cas sensibles, où le coup de vent se lève dans un endroit peu protégé, où il n'y a pas de place pour beaucoup chasser, où le vent a tourné, etc... Vous remarquerez que cela arrive toujours de nuit ! La prudence impose des quarts de mouillage. C'est de toute manière plus reposant pour l'équipage qui peut essayer de dormir sachant qu'un veilleur pare au pire.

Comment mouiller

A 95%, c'est l'ancre principale seule. Si du vent est annoncé ou si on a des doutes sur la tenue du fond, nous mouillons une seconde ancre affourchée, souvent avec l'annexe. Il nous est arrivé de mouiller dans des endroits étroits avec courant de marée sur ancre avant + arrière, mais toutes deux prises sur l'étrave (à la bahamienne, car cette méthode est souvent utilisée aux Bahamas, dans les mouillages étroits soumis aux courants). Le bateau se retourne avec le courant mais reste pratiquement sur place.

Nous pratiquons de temps en temps le second mouillage en plomb de sonde, si on a de la marge pour chasser. C'est une bonne méthode pour les partisans du moindre effort. Je vous renvoie à l'excellent livre d'Alain Grée sur le mouillage pour repasser vos classiques.

Aux USVI, il y a de sérieux corps-morts gratuits partout dans les baies. Aux Antilles, les boat-boys vous en louent un pour la nuit. Ces corps-morts sont souvent près des rochers ou de la plage. Je vais toujours voir l'état du corps-mort et de sa pendille, c'est plus prudent. A Union, la chaîne était tellement corrodée qu'il ne restait que 3 mm de métal ! En cas de doute sur le corps-mort et en cas de vent, je descends l'ancre et 20 m de chaîne en tas sur le fond. Cela dégage également l'étrave pour les mouvements de la pendille.

Nous n'avons jamais empennelé avec ce bateau. On n'hésite pas à rallonger la longueur de mouillage si on a la place et que les conditions se durcissent, mais il faut également dire que nous n'avons pas eu avec Caramel plus de 40 noeuds de vent sur mouillage, ce qui n'est pas énorme. A 50 nœuds, les choses sérieuses commencent …

Dans les baies peu profondes (3 à 4 m) et ventées (>20 noeuds), les 25 à 30 m de chaîne vont laisser au bateau suffisament de mou pour tirer des bords sur l'ancre. C'est inconfortable et cela induit des tractions de rappel importantes sur l'ancre. Un bon truc consiste à poser avec l'annexe, deux petites ancres à 60 degrés de chaque côté de l'axe de la chaîne (l'ancre d'empennelage et l'ancre arrière en ce qui nous concerne). Il faut quelques mètres de chaîne et une amarre de 15 à 20 m avec chaque ancre. L'évitage de l'étrave sera pratiquement arrêté.

Molasson TRUC : Dans les baies très protégées ou sur les fleuves, il arrive que le fond soit de limon mou. On le remarque assez facilement lorsque l'ancre refuse de tenir après quelques marches arrières. Le truc est de poser l'ancre sur le fond, de sortir la chaîne requise et d'attendre 15 minutes sans tirer au moteur. Ce temps est nécessaire pour que l'ancre traverse la couche de vase. Ensuite tirer un peu en arrière au moteur. La qualité de tenue restera aléatoire à cause de la densité variable de la vase. Le cas type est Luperon en République Dominicaine.


Notre équipement

Le bateau pèse entre 19 et 20 tonnes en charge pour 16 m de coque. Le fardage est important : ketch avec bon franc bord et une grande capote.

1- MOUILLAGE PRINCIPAL

  • 1 ancre soc acier galvanisé DELTA 25 kg - Commentaires : légèrement surdimensionnée pour le bateau, en fait pour un bateau > 18 m, pas de pièce mobile, pointe du soc lestée, garantie à vie, existe en inox mais c'est le triple du prix ! La DELTA nous donne satisfaction, elle fouille très profondément et disparaît parfois dans le sol. Lorsque c'est possible, nous profitons des eaux tropicales chaudes et claires pour jeter un coup d'oeil à l'ancre après le mouillage. Elle a chassé une fois de nuit dans un furo de l'Amazone, mais je crois ne pas avoir croché suffisamment en marche arrière ou le limon était trop mou.
  • 100 m de chaîne de 10 mm en acier galvanisé - Commentaires : bonne longueur, permet de voir venir, la résistance est suffisante. La chaîne et l'ancre peuvent leur galvanisation dans l'eau douce et acide de certains fleuves tropicaux. On peut trouver de la chaîne inox de qualité à Trinidad (ECHO-MARINE), mais c'est devenu très cher et la résistance au même diamètre est inférieure à l'acier galva. Nous mouillons toujours un minimum de 25 m, puis rallonge suivant les circonstances. Je n'ai pas mis d'émerillon entre la chaîne et l'ancre (pas confiance, mais j'ai peut-être tort), mais une simple manille lyre inox , avec manillon pour clé hexagonale et 2 points de soudure pour le sécuriser contre le vol. C'est surtout valable si vous avez une belle ancre inox qui fait des envieux chez les antillais ...

  • davier d'étrave - Commentaires : le constructeur l'a conçu de telle sorte que l'ancre tombe seule dès qu'on lâche de la chaîne. Elle se repositionne seule dans le davier à la remontée. Mais je n'aime pas cette opération qui est parfois brutale pour le matériel et je remonte toujours l'ancre à la main dès qu'elle est en cravate. L'ancre est bloquée sur son davier avec un bout muni d'un coinceur. Eviter à tout prix de bloquer l'ancre en tendant la chaîne avec le guindeau, cela démolit l'axe d'entraînement de celui-ci. La partie gauche du davier est dans l'axe de la poupée du guideau et est équipée de 3 rouleaux qui forment un "U" : un horizontal et 2 verticaux. Cela permet d'exercer une forte traction, même sur un câblot qui n'est pas dans l'axe du bateau.
  • lavage de chaîne - Commentaires : un jet d'eau de mer arrive dans le davier au-dessus de la chaîne. Il est envoyé par une pompe en cale technique. Malheureusement, la pression n'est pas assez forte et le lavage est inefficace pour les boues collantes. Nous avons installé un by-pass avec une prise d'eau sur le pont (sans dépassement). On y clique un tuyau de 3 m qui permet de faire le ménage avec plus de précision et d'efficacité.
  • guindeau électrique LOFRANS TIGRE 1200 W - Commentaires : bon matériel mais puissance parfois un peu limite. Démonter le barbotin et ses joues régulièrement pour examiner l'état de la clavette de l'arbre d'entraînement. J'ai découvert que la mienne était proche de la rupture après un an d'utilisation. On mouille beaucoup sur un bateau de voyage. Deux bouton-poussoirs étanches montés sur le carter du guindeau permettent la commande depuis l'étrave en plus de la commande à la barre. Attention aux commandes par fil, fragile et corrosion des contacts de la prise. Le guindeau dispose d'une poupée pour câblot, pratique pour un second mouillage ou un amarrage foireux dans un port.

  • compteur de chaîne - Commentaires : le guindeau est équipé d'un compteur de chaîne fabriqué par POCHON à La Rochelle. Pratique, il permet de voir la longueur de chaîne sortie sur un affichage à la barre, ou ce qu'il reste à rentrer lorsque l'on actionne le guindeau depuis le cockpit. D'autres modèles existent sur le marché.
  • J'ai clipsé des pastilles de couleurs tous les 5 mètres suivant un codage simple. Pour éviter de se retrouver tout bête en cas de panne de compteur de chaîne. En vente chez Uship
 
 
  • crochet de chaîne - Commentaires : double croc de SWISS TECH ou simple monté sur un gros bout nylon très souple de 8 m. Un mètre après le crochet, j'ai monté un gros amortisseur d'amarrage en caoutchouc qui augmente l'élasticité du mouillage. Si le clapot est fort, je sors la totalité du bout. La chaîne est détendue au guindeau pour reprendre la traction seulement sur le bout. Diminue le bruit au mouillage dans la cabine avant. Notre crochet double SWISS TECH s'était désoudé suite à un coup de vent de seulement 40 noeuds. Le fabricant l'a remplacé sans sourciller après 3 ans, par un nouveau modèle renforcé qui ne devrait plus faiblir. Bravo le service !

 

 

 

 

  • pic à chaîne - Commentaires : la chaîne tombe verticalement dans un tube inox, du barbotin dans le pic à chaîne qui se trouve 1m plus bas (le guindeau est assez en arrière de l'étrave). Il est accessible depuis la cabine avant via une trappe étanche. Un piton d'étalingure y est fixé et le bout est calculé pour que sa longueur dépasse le barbotin, libérant ainsi la chaîne de toute entrave. Il ne reste plus qu'à couper l'étalingure pour tout larguer … dans les cas zextrêmes ! J'ai récemment placé un fin treillis en plastique sur le fond du pic à chaîne. En effet des algues et autres petits débris étaient passés sous le plancher expressément perforé et avaient bouché le tuyau d'écoulement du pic à chaîne.

2- SECOND MOUILLAGE

  • 1 ancre plate FOB HP 20 kg en acier galvanisé - Commentaires : un chouia sous dimensionné comme ancre principale mais encore manipulable à la main comme secondaire. A ce propos, pratiquement tous les voiliers américains et canadiens ont deux ancres à l'étrave, et des daviers étudiés à cet effet. Faisant partie de l'autre grande famille des ancres (plates), elle complète bien l'ancre principale (soc). Elle se range facilement à plat dans un coffre avant, sur un douillet lit de mousse pour éviter de faire du bruit et de riper. Elle a toujours bien croché, elle est rustique et costaude.
  • 15 m de chaîne de 8 mm en acier galvanisé - Commentaires : c'est le minimum syndical et déjà pesant à manipuler lors de l'affourchage.
  • 60 m de câblot de 24 mm - Commentaires : bon câblot tressé super élastique, joliment fini par une cosse en inox. Pour le stocker, nous en faisons 2 écheveaux de 30 m, mais sans couper !

On embarque en général le tout dans l'annexe pour la porter à l'eau, en fixant une extrémité du câblot à l'étrave. Ensuite on met en traction sur le guindeau et on essaye de crocher. Il faut parfois s'y reprendre à deux fois. A plusieurs reprises, j'ai déjà plongé avec bouteille pour positionner l'ancre secondaire correctement. Cela fait de l'exercice et on dort mieux la nuit suivante. Si le temps est vraiment moche, on peut le faire avec le bateau en remontant au moteur au delà et sur le côté de son ancre principale.

3- TROISIEME MOUILLAGE

  • 1 ancre plate FORTRESS FX 27 en alliage léger magnésium/aluminium - Commentaires : pas encore utilisé sur ce bateau, mais le précédent avait une énorme FX 55 comme second mouillage qui donnait satisfaction. Se démonte et se range facilement.
  • 5 m de chaîne de 12 mm en acier galvanisé - Commentaires : c'est ce qui est conseillé par le fabricant pour lester la verge. Pour les ancres légères, il ne faut pas beaucoup de chaîne.
  • 100 m de câblot de 24 mm - Commentaires : bon câblot tressé super élastique, joliment fini par une cosse en inox. Pour le stocker, nous en faisons 4 écheveaux de 25 m, mais sans couper ! Pour les ancres légères, il faut beaucoup de longueur de câblot.

4- MOUILLAGE ARRIERE

  • 1 ancre plate FOB LIGHT (8 kg équiv. 20 kg) en alliage léger magnésium/aluminium - Commentaires : une excellente ancre qui croche très bien. Je l'utilise depuis très longtemps comme ancre arrière ou comme deuxième mouillage de simple sécurité (pas de gros coup de chien attendu). Elle trouve son utilisation également comme mouillage arrière dans des endroits étroits, ou pour orienter le bateau face à la houle (problème fréquent dans les mouillages). Se démonte et se range facilement dans le sac livré. Se range dans le coffre arrière.
  • 5 m de chaîne de 10 mm en acier galvanisé - Commentaires : c'est ce qui est conseillé par le fabricant pour lester la verge. Pour les ancres légères, il ne faut pas beaucoup de chaîne.

  • 56 m de sangle nylon de 30 mm ANKAROLINA - Commentaires : roulée dans un touret emmagasineur en matière plastique solide et résistant aux UV. Il est fixé sur un chandelier à l'arrière du bateau. La sangle a 2 tonnes de résistance et s'amarre sur un taquet en passant par un chaumard.

5- ANCRE D'EMPENNELAGE

  • 1 ancre plate FOB THP 6 kg en acier galvanisé - Commentaires : une ancre qui se fixe en amont du mouillage principal ou secondaire en vue d'augmenter la tenue. Beaucoup utilisée sur le précédent bateau qui était équipé d'une CQR comme ancre principale.
  • J'avais finalement mis au point un système pratique en eaux claires pour empenneler APRES avoir mouiller l'ancre principale :
    • 1- attacher l'ancre d'empennelage avec sa chaîne au bout de fixation d'une défense
    • 2- mettre tout à l'eau et y sauter aussi avec palmes et masque
    • 3- nager en poussant la défense jusqu'au dessus de l'ancre principale et larguer l'ancre d'empennelage
    • 4- ramener la défense au bateau et retourner fixer la chaine de la petite ancre sur l'ancre principale
    • 5- étendre sur le fond la chaîne d'empennelage et positionner l'ancre correctement.

Faisable facilement en apnée jusqu'à 5 m de fond, ensuite ... bouteille ou remonter le mouillage principal. Avec la DELTA, je n'ai pas encore dû l'utiliser. Se range facilement à plat près de l'ancre secondaire. Par contre comme ancre d'appoint, c'est pas mal, je l'ai utilisée dans des ports foireux (Essaouira au Maroc, Récife au Brésil), pour écarter le bateau du quai par exemple.

  • 5 m de chaîne de 10 mm en acier galvanisé - Commentaires : c'est ce qu'il faut mettre entre la grosse ancre et celle-ci

6- ANCRE D'ANNEXE

  • 1 ancre plate BRITANY 2 kg en acier galvanisé - Commentaires : éviter le grappin dont l'efficacité est mauvaise. C'est plus sympa de retrouver son annexe au même endroit après une virée sous-marine. L'idéal est d'acheter une ancre inox, plus propre à manipuler dans l'annexe.
  • 5 m de chaîne de 6 mm - Commentaires : évite de cisailler le filin dans le corail et sert également d'antivol quand on laisse l'annexe au ponton.
  • 25 m de filin nylon de 8 mm - Commentaires : Il se range avec l'ancre dans un sac en Dralon largement dimensionné et fait maison.

TRUC anti-chocs : j'ai doublé le fond du sac avec de la mousse (alvéoles fermées) qui absorbe les chocs de l'ancre et de la chaîne sur le fond en alu du dinghy. Soft le sac !

7- ORIN

  • bouée jaune diam 30 cm - Commentaires : avec une anse par dessus pour la reprendre à la gaffe. Pour éviter qu'un zouave ne la prenne pour un corps mort ou pour une pendille (port), j'ai écrit dessus "ORIN - TRIPPING LINE". L'idéal est démarrer l'orin sous la bouée par 3 m de chaînette inox de 4 mm (pour éviter que le cordage ne se prenne dans une hélice), suivi de 15 m d'un filin nylon de 8 ou 10 mm. On termine l'orin par une cosse inox et une manille.

8- DIVERS

  • manille d'affourchage : cette manille particulière permet de rajouter sur la chaîne principale une seconde ancre avec 10 m de chaîne. Ceci sans perdre de résistance sur la chaîne principale. Cette opération est réalisable sans remonter toute la chaîne principale. Pour la remontée finale des mouillages, il faut un peu d'organisation. Dans les bons ships ou Accastillage Bernard
 
 
  • "troisième main" - Commentaires : sorte de crochet métallique qui permet de soulever la chaîne d'un autre bateau croisée sur la sienne, puis de la relacher sans quitter l'étrave. Pratique, chez Acc. Bernard.
 
  • mousqueton géant - Commentaires : au bout d'un cordage. Se grée sur l'extrémité de la gaffe pour crocher un corps mort. L'étrave devient trop haute pour passer un bout couché à plat pont. Ce petit accessoire me permet également de prendre un corps-mort en solitaire, avec de bonnes chances de réussite. Une fois le mousqueton croché, le bateau est assuré et on peut prendre son temps pour aller passer un bout avec l'annexe si nécessaire. /li>
 

 

  • chaînes à rochers - Commentaires : les longueurs de 5 m de chaînes utilisées ci-dessus servent également de colliers pour mettre autour des rochers lorsque l'on porte une amarre à terre. Mon camarade Banik recommande une boucle de câble inox, ce qui est plus léger et manipulable. Mais difficile de trouver du câble inox souple (pas celui des haubans).
  • amarres de service - Commentaires : 4 amarres souples multibrins de 15 m, 2 amarres tressées de 20 m. Dans les marinas type US (avec 2 poteaux à l'avant + 1 catway court), on a parfois besoin des 6 amarres !
  • amarres de réserve - Commentaires : nous avons 100 m d'amarre tressée classique en réserve pour le remplacement des amarres de services.
  • amarres longues flottantes - Commentaires : nous avions à bord 2 x 100 m et 1 x 200 m d'amarre flottante diam. 32 mm pour la Patagonie. De telles longueurs d'amarres sont impossibles à manier si elles ne sont pas flottantes. Comme la résistance du polypropylène est nettement plus faible que celle du polyester, il faut augmenter le diamètre. A acheter en Argentine (San Fernando) en descendant.
 
  • 2 gros amortisseurs caoutchouc - Commentaires : je les utilise depuis des années avec succès. Ils sont assez légers et résistants si on prend un gros modèle. Par contre, il est impossible de les ôter de l'amarre une fois que le bateau a tiré dessus. Le truc est de monter ces amortisseurs avec une amarre très courte. Une boucle de 50 cm de chaque côté de l'amortisseur est suffisant. C'est suffisant pour poser sur une bitte de quai et de l'autre côté, on noue une amarre de service qui se fixe au bateau. Facile. Les homologues à ressort sont beaucoup plus chers et lourds. Ils ont aussi le mauvais goût de couiner toute le nuit.
 

  • 8 défenses cylindriques - Commentaires : 81 x 23 cm avec œillet à chaque extrémité pour les utiliser horizontalement. Ce sera très utile pour les amarrages foireux contre des poutres verticales de bois, … ou d'acier des pays exotiques. Nous les avons enrobées de chaussettes. C'est joli mais très difficile à mettre (dégonfler, enfiler, tirer dur et regonfler). Les chaussettes sont mortes après 1 an d'utilisation, donc on n'en met plus.
  • 1 planche de 2 m de long sur 30 cm de large. Posée le long des défenses de Caramel sur le bord de la coque. Permet de s'amarrer à un quai défendu par les madriers verticaux ou autres amarrages comiques, comme on en vit de temps en temps. Peu également servir pour fixer les jerrycans le long des chandeliers durant la transat. A acheter de préférence avant de partir.
  • 1 défense ballon - Commentaires : dégonflée dans un coffre, en réserve et bien utile pour les coups durs. Se gonfle avec la pompe à vélo ou celle de l'annexe. Trouvée en mer ...
  • 1 grande défense plate - Commentaires : pour protéger le bas de la jupe lors des approches cul à quai.
  • 2 petites défenses plates - Commentaires : pour l'annexe le long d'un quai ou retournée sur le pont.

  • 1 lot de pièces de cuir - Commentaires : 30 x 40 cm, en provenance d'un échantillon des fauteuils de salon "Jaguar" svp ! Elles servent utilement de martyrs pour fourrer les amarres qui sont souvent soumises à rude épreuve sur le béton des quais. Achtung : ça déteint sur les amarres.

  • 1 fer rapide à couper les bouts - Commentaires : comme celui du shipchandler. C'est un outil pour la vie. Utile pour soigner le matelotage à bord.
  • 1 touline - Commentaires : c'est à dire un lance amarre. Longeur 20 m, ce qui est largement suffisant. Une extrémité est terminée par une pomme de touline dont la confection occupera une soirée d'hiver. Celle de Caramel est lestée avec une balle de golf, qui a le diamètre adéquat. Un lecteur nous indique qu'il a utilisé du bout flottant (polypropylène) avec un anneau de caoutchouc en bout de ligne (genre jeu de plage ou deck tennis). Si le destinataire rate l'envoi, il y a plus de chance de rattrapper le bout qu'avec une extrémité plombée. Malin !
 

 

Faites un tour dans le chapitre des liens à la rubrique "mouillage", il y a l'excellent article de A.Fraysse sur la physique appliquée à la ligne de mouillage et d'autres adresses bien utiles.

Vous trouvez que cela fait beaucoup de matériel ? C'est vrai, mais à part la troisième ancre Fortress, on utilise tout régulièrement.

Sous les tropiques, les mouillages sont en général de bonne tenue. Mais gare à la Méditerranée, le Mistral et le Meltemi s'entendent bien avec les champs de posidonies pour piéger bateaux et capitaines abandonnés.

Un dernier mot rassurant : pendant des années, lors de croisières estivales, je ne dormais que d'un oeil au mouillage, puis à force de les pratiquer très régulièrement, on apprend à connaître et à avoir confiance dans ses apparaux de mouillage. Lorsque je sais que cela tient bien, je dors du sommeil du juste. Catherine, pas encore !

Dernière mise à jour : octobre 2010


 

Mises à jour : AOUT 2017
patrick@amelcaramel.net

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