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METEO et MAUVAIS TEMPS

Mauvais temps

* Avril 1976

Edmond et moi quittons Nieuwpoort en direction de Douvres. Voilà déjà deux jours que nous faisons le pied de grue sur le ponton devant mon Sangria, en attendant que le vent de NE diminue. Il semble mollir alors que notre impatience se raidit. Nous n'avons qu'une semaine de congé et on ne va évidemment pas la passer sur les quais ! Nous voilà en route, au largue avec une mer grosse et fleurie de déferlantes. Moins de 5O milles à parcourir, mais le temps s'éternise. A mi-chemin, une vague plus haute claque sur le flanc tribord et remplit le cockpit. Nous ne sommes toujours pas attachés et on se dit qu'il serait temps … de fermer la porte du carré. Les bottes noyées, nous regardons l'eau qui n'en finit pas de s'écouler par les dalots. Le vent remonte et la mer est très formée, Deux ris et un petit foc de route surtoilent le bateau. Les embardées deviennent difficiles à contenir, la mer est partout sur le bateau. Les énormes digues de Douvres sont en vue, droit sur l'étrave. Nous apercevons un ferry qui manœuvre dans la darse pour sortir. Fair play, le Captain immobilise son navire et nous cède le passage. Nous devons avoir l'air bien petit dans cette tourmente. Le Sangria déboule entre les musoirs et retrouve un plan d'eau assagi. Trempés jusqu'au caleçon, nous mouillons au milieu de l'avant port (encore permis à l'époque). Les autorités portuaires viennent nous saluer de vive voix, car nous n'avons pas de VHF. Le vent est actuellement entre 8 et 9 beauforts … Les formalités douanières sont remises à plus tard et nous passons la nuit à grelotter dans un demi sommeil, au son des tiraillements de notre ancre. Au petit lever, le vent a disparu et un lourd manteau de brouillard fige tous mouvements.

La météo n'annonçait pas de vent inférieur à 7 beauforts et nous sommes tout de même partis sur un bateau de 7,5 m dans une mer formée par plusieurs jours de vent, au début du printemps par température basse et une eau glaciale. Les échéances peuvent être meurtrières. Un écoute attentive de la météo ne sera d'aucune utilité sans l'analyse responsable du skipper. La jeunesse, l'inexpérience ont eu raison de la plus élémentaire prudence. Lucky man.

** Août 1984

Avec quelques copains, nous décidons d'amener un bateau aux Pays-bas. Le vent est fort (7 à 8), mais d'ouest. Nous l'aurons au portant. Le bateau de 35 pieds est bon marin. A bord, nous sommes cinq. Le génois est réduit au tiers et la GV a pris 2 ris. Le bateau ondule du cul sur les déferlantes et nous gréons rapidement une retenue issue d'un solide ancien palan de la GV. Celle-ci se met à contre régulièrement sous l'ampleur des vagues, mais sans gravité. Edmond est à la barre depuis 3 heures et garde le voilier en lacet sur son cap. Je prends la barre et durant la période d'adaptation au feeling de la barre, la GV part encore quelques fois, mais une fois de trop ... la manille capelée sur le rail de fargue se tord et le manillon lâche. La bôme valse d'un bord sur l'autre entraînant dans un large arc de cercle la retenue et son palan qui vient heurter la tête d'une amie assise dans le cockpit. Juste ce qu'il faut pour ne pas la tuer, mais pour lacérer le cuir chevelu et la laisser dans le coma. La vue d'un être affalé, les yeux révulsés et apparemment sans vie est une expérience qui ne s'oublie pas. Sur le canal 16, nous prenons contact avec les autorités portuaires de Zeebruges, à quelques milles de notre route. L'ambulance nous attend sur le quai pour l'hospitaliser, la police maritime aussi…

Six mois de récupération, de graves maux de tête, d'un employeur qui s'impatiente et une assurance qui refusera de jouer sauf avec les mots (équipière = personne qui participe à la conduite d'un navire et qui accepte donc les risques inhérents. Il aurait fallu que j'utilise le terme passager non payant pour que ma RC joue. Ce qui était son cas, c'était la première fois qu'elle montait sur un bateau). Elle a heureusement récupéré. Un accident de mer peut être incroyablement rapide et les conséquences très lourdes sous différents angles pour les équipiers, passagers et skipper. Une météo musclée et un bateau marin peuvent devenir une machine à tuer si une manille à 10 euros lâche. Où s'arrête la précaution du skipper et où commence la malchance ?

*** Janvier 2006

Nous partons de Salvador de Bahia pour nous rendre à Recife : trois jours de mer. Comme à son habitude, le Rallye des îles du soleil organise différents départs suivant la taille des voiliers participants. Le but est d'arriver approximativement ensemble à l'étape. Une dizaine de bateaux sont lâchés le matin et les plus rapides partiront le lendemain à la même heure. Pourtant le vent de 20 à 25 kn est contraire. Sans broncher les skippers appareillent, prêts à se faire rincer et secouer. A la vacation radio du soir, tous râlent bruyamment. Le lendemain matin, nous récupérons les positions des bateaux : ils sont encore à hauteur de Salvador mais plus au large, ils n'ont pas progressé vers le but. Je consulte la météo la veille de notre départ et je me concerte avec un autre skipper. Nous prenons la décision de ne pas partir à contrevent avec une mer formée, alors que dans les prévisions que nous captons, le vent adonnera et faiblira. Nous annonçons à l'organisateur que nous retardons notre départ d'au moins 24 heures. Tous les autres skippers du dernier groupe suivent notre décision. Seul l'organisateur râle … Nous partons avec 24 heures de retard et … arrivons secs avant les premiers partis.

Même dans le cadre d'une régate ou d'un départ organisé : SEUL le skipper prend la décision finale du départ en fonction des éléments météos qu'il obtient. La décision de départ tiendra compte de son expérience, du bateau et de l'équipage. That's it !

 

Météo

Sujet passionnant que la météo, mais son analyse est une affaire de professionnels. Nous ne pouvons pas faire grand chose d'une météo non " travaillée " par un prévisionniste. L'interprétation personnelle d'une carte de pression est risquée et il vaut mieux la compléter par une carte des champs des vents fournie par les pros.

Comprendre les systèmes dépressionnaires, situer les dépressions et anticyclones par rapport au vent et savoir les demi cercles dangereux des cyclones est déjà pas mal dans notre culture de prévisionniste en herbe.

Parmi les bons ouvrages de base, il y en est un que j'aime particulièrement, c'est " ABC de la météo " (Arthaud) de Gérard Janichon que vous pourrez trouver chez les bouquinistes. C'est très synthétique et clair. Le " Mayencon " est plus complet mais plus copieux. " Météo en Méditerranée " aide à comprendre le complexe système météo de Méditerranée occidentale.

Pour affiner les prévisions météos, nous avons toujours essayé de recouper plusieurs sources différentes pour une même zone. Par exemple : les fichiers vents de Globalmarinenet avec ceux de Météo France. La météo diffusée sur les ondes par Météo France pour les Antilles avec les prévisions US ou locales. La météo française avec l'espagnole en Méditerranée, La française avec l'anglaise en Atlantique, etc… Il y pratiquement toujours moyen d'en avoir au moins deux. Les résultats sont parfois assez écartés !

 

Voici quelques méthodes d'approche des humeurs d'Eole :

Le Pif

  • Avec l'expérience de la navigation, on acquiert un certain feeling de la météo. A court terme d'accord, mais l'observation de la couleur du ciel, des nuages, de la direction du vent et celle des nuages, de la couleur de l'océan donne bien souvent une appréciation de la tendance des prochaines heures.

Les Journaux et le Téléphone

  • Les journaux locaux des pays maritimes donnent souvent une météo marine pour la zone côtière, les capitaineries des pays européens affichent la météo du jour et les prévisions plus lointaines.
  • Il faut mentionner aussi les serveurs météo téléphoniques de Météo France et Météo Consult (services payants).

Les Pilots Charts

  • Pour rêver d'horizons lointains, ou savoir à quel vent Eole va nous manger, il existe les PILOT CHARTS. En général, ces publications sont américaines (plusieurs albums pour couvrir le Monde, mais cher et taille double Grand Aigle difficilement compatible avec nos tables à cartes). Un éditeur anglais (Adlard Coles Nautical) édite un album compact. Il indique les infos pour l'Atlantique Nord, les Caraïbes et la Méditerranée. Cette édition est plus adaptée au plaisancier et de moindre coût.
  • Il existe également le logiciel Visual Passage Planner. C'est une version informatique des pilots charts. Couvre le monde. Il peut éditer les conditions de navigation sur la route projetée.
  • Avant le grand départ, on peut télécharger des vrais pilots charts US en format PDF pour pas un rond et en toute légalité ! Merci Oncle Sam.
  • World Cruising Calendar est une application iPad/iPhone qui synthétise des infos météo en provenance de différentes sources (Pilots charts, guides nautiques, ...) et les affiche de manière simplifiée et visuelle à l'écran. En outre, une fonction "Skip in touch" permet de partager à la demande sa position sur la carte avec les autres utilisateurs de l'application et d'afficher un petit message (seule cette fonction nécessite une connexion Internet). La cartographie zoomable embarquée peut être utile. En français
 

Les Instruments traditionnels

  • Le baromètre est un élément décoratif et utile, surtout le modèle enregistreur (barographe). Sa lecture en Atlantique nord - Mer du Nord est un très bon indicateur des passages dépressionnaires. Nettement moins utile en Méditerranée et sous les tropiques. Un barographe de qualité (Naudet ou Wempe) dure une vie et suit les changements de bateaux.
  • Le thermomètre extérieur n'est pas inutile mais c'est surtout la température de l'eau qui permet de savoir si on est dans le courant (portugais ou Gulf Stream par ex.). Sous les tropiques : pas besoin de le consulter, la température de l'eau oscillera entre 26 et 27 degrés tous les jours de l'année. Super !

 

 

 

Les Instruments pour capter automatiquement à bord les bulletins météo

Le Standard C d'INMARSAT

Il est allumé en permanence à bord (faible consommation) reçoit automatiquement les météos de la METAREA (GMDSS system) où l'on se trouve et ce au moins 2 fois par jour. Sur l'Atlantique nord, nous pouvions recevoir les météos américaines en plus des françaises.

L'image ci-dessous indique quels satellites Inmarsat se chargent de l'envoi automatique de la météo suivant la zone où le bateau navigue.

 
 

Les météos US sont plus difficiles à lire car elles font référence à des coordonnées géographiques pas toujours identiques chaque jour, alors qu'en Europe nous travaillons avec des zones (Joséphine, Est Antilles, etc…). C'est beaucoup plus clair. Prenez la précaution de faire des photocopies avec un carreautage pour positionner les infos US .

NOTA BENE : les infos du Standard C (METAREA) ne sont pas nécessairement les mêmes que celles du Navtex (NAVAREA). En effet, les zones du grand large sont reprises sur le C et pas sur le Navtex. Il faut lire correctement le mode d'emploi du logiciel de réception du Std C pour comprendre les petits paramétrages possibles.

Vu son coût et vu la généralisation des autres systèmes satellitaires (Iridium, Fleet, ...), le standard C ne correspond plus aux besoins de la plaisance au long cours. Le trafic via e-mail des fichiers Grib (voir plus bas) se révèle une meilleure solution. Sauf évidemment s'il est déjà installé à bord ou que vous en trouvez en occasion pour un faible prix.

Le Navtex

C'est un simple boîtier de réception calé sur une fréquence (518 Khz) et une antenne extérieure qui va recevoir un flux d'information et les mémoriser. L'affichage de ces infos se fait de manière intégrée sur un écran LCD ou une petite printer. Il est également possible de décoder les infos en utilisant la BLU, le PC et un logiciel adapté, mais ce n'est plus automatique.

 

 

Les infos météos sont comme pour le C en langue anglaise très basique. Pour les navigateurs indécrottablement unilingues il existe maintenant la même météo en langue autochtone (490 Khz). Ce service n'existe pas dans tous les pays. Il faut évidemment un décodeur bi-fréquence pour pouvoir exploiter la langue locale.

Il est possible de filtrer les infos non souhaitées (état des glaces par ex.) et les stations émettrices. Celles-ci sont judicieusement placées géographiquement, mais c'est sans compter les farces de la troposphère qui expédie parfois des ondes hertziennes par dessus l'Atlantique. Aux Antilles, nous avons ainsi capté certaines nuits les infos de Finlande !

A propos de farce, il est en Atlantique une zone incroyable entre les Canaries et le Cap Vert où la propagation des ondes VHF atteint des distances magiques : nous avons atteint 120 milles lors de nos vacations. Cette anomalie est connue et n'a rien à voir avec la météo…

Vu le nombre croissant d'émetteurs et de longueur des bulletins, il arrive que la tranche horaire d'un émetteur ne soit pas suffisante. Pour y remédier, le système GMDSS a adopté des abréviations pour les bulletins des METAREA. Elles sont disponibles ici sous format PDF . Ce tableau indique les abréviations utilisées ainsi que leur signification en français et en anglais. C'est bien de les imprimer dans un premier temps, elles deviendront vite familières.

 

Morer (Allemagne) fabrique un petit récepteur qui est bien tentant pour les grands voyageurs. Raccordé à une antenne active, il reçoit automatiquement les émissions Navtex sur 518 kHz (international, en anglais) et sur 490 kHz (national, dans la langue nationale).

En outre, pour les navigateurs de la région Europe, il reçoit les bulletins météos en clair issus du Service Météorologique Allemand (mais en anglais) couvrant toute la Méditerranée et l'Atlantique Est.

Ce n'est pas tout, cette petite boite noire décode pour vous les facsimilés météo émis par les stations de Hamburg et Northwood (Atlantique Est et Méditerranée).

Cerise sur le gâteau, il sert également de barographe et affiche les diagrammes barométriques sur le PC.

Une mémoire de type SD enfichée dans la boîte noire sert de mémoire pour toutes les informations captées et une connexion USB rapatrie toutes les données sur le PC à la demande. Toutes ces données sont gratuites et quotidiennes.

Prix aux environs de 1140 €. Ce n'est pas donné, mais on a quatre appareils en un.

Il existe aussi d'autres modèles plus simples ou totalement indépendant.

 

Les Instruments pour capter manuellement à bord les bulletins météo

La VHF

La VHF propose son lot de météos. Elles sont émises par les autorités nationales ou par les Yachties networks (réseaux de plaisanciers) dans les Antilles (les heures et fréquences sont rapidement connues dans les mouillages par les nouveaux venus). Inutile de donner ici une liste des fréquences, cela se trouve dans les bouquins, sur le net et chez les copains qui vous ont précédés sur les zones de navigation.

US TRUC : les USA ont une série de "Weather Channels" en VHF. Pour cela, il faut disposer d'une VHF US, c'est peut-être le moment de renouveler à bon compte un modèle portable chez Budget marine ou West marine.

La BLU

Le récepteur radio BLU, permet de recevoir des météos locales dans le monde entier. La qualité de la réception sera fonction de la sensibilité du récepteur et de la qualité de l'antenne. A noter que les combinés émetteur-récepteurs (Tx-Rx) sont moins sensibles qu'un bon Rx seul. J'ignore pourquoi, mais sur les bateaux des fanas de blabla hertzien, ils ont les deux !

Les fréquences d'émission sont disponibles dans les ouvrages du SHOM ou de l'Amirauté. Il faut relativiser la fiabilité de ces informations dans les pays moins développés. Les heures et les fréquences sont rarement les bonnes et il n'y a souvent pas d'émissions du tout ! De là l'intérêt des autres sources météo. Sur l'Internet, dans les guides nautiques, les informations sont souvent plus réalistes.

Il existe des bienfaiteurs bénévoles qui sont férus de météo et de communications hertziennes. Ils peuvent vous informer ou vous router sur de grandes traversées à heure fixe tous les jours. Il y a des francophones (Daniel10 en France, hors service pour l'instant) et des anglophones (Herb au Canada).

Certains routeurs font payer modestement leurs prestations, mais il vaut toujours la peine (que ce soit en BLU ou par Iridium). Il a été expérimenté avec succès par plusieurs de mes caramades navigateurs. Pour les régatiers, il y a bien entendu les routeurs professionnels (Magic Bob Rice, Lanier et les autres gourous), mais c'est un autre jeu.

La BLU permet aussi d'écouter RFI, et tous les autres pays qui émettent en français ou en anglais. La BLU c'est une première ouverture sur le monde. Procurez vous le "WRTH World Radio Handbook ", vendu dans les magasins de radio-amateurs ou sur Amazon (environ 25€). Il donne les fréquences de toutes les stations radio du monde, classées suivant les heures, les pays, les langues, etc… Un vrai plaisir qui permet de ne pas rester ignorant des nouvelles du monde. Enfin si l'on veut !

 

La Radio FM

La radio FM permet d'écouter les nouvelles du temps avant les journaux parlés, mais évidemment sauf exception c'est dans la langue du pays et pas nécessairement facile à comprendre. Nous lui préférons la météo télévisée, … parce qu'il y a des images.

AUDIO TRUC : Enregister à tous les coups la météo écoutée à la radio sur un petit dictaphone. Cela permet de la réécouter pour sa zone de navigation et les zones voisines. De la transcrire sur une carte des zones.

TIME TRUC : bien préparer son coup pour comprendre les heures : GMT, locale, heure d'été, heure d'hiver. On se goure souvent. Un petit tableau Excel ramenant les heures en GMT des principales stations avec les fréquences facilitera la vie.

CLOCK TRUC : en complément à ceci, nous avons installé une horloge de cloison qui indique uniquement l'heure GMT. En outre, elle nous sert à savoir l'heure qu'il est en Europe si on doit y téléphoner.

 

 
 
 

 

Les Instruments pour capter manuellement à bord des fichiers météo

 

BLU - FACSIMILE

La BLU raccordée au PC en plus d'un petit logiciel (le plus connu est JVCOMM) permet de récupérer les données des émetteurs US et européens des cartes isobariques (facsimilés météos). La qualité est liée aux aléas de la réception hertzienne.

MétéoFax 32 est un logiciel + un filtre électronique qui augmente sensiblement la qualité du signal pour des cartes plus claires.

Il existe sur le marché des récepteur-traceurs (Furuno) qui automatisent cette tâche et impriment les fac-similés, mais c'est assez cher. Parfois OK, parfois pas …

Nous ne le pratiquons pas et préférons utiliser les fichiers grib téléchargés via un téléphone satellite

 

Les fichiers GRIB

Les fichiers GRIB sont des fichiers informatiques qui contiennent pour une zone géographique données, les indications de vents (force et direction) pour les 7 prochains jours au maximum (par pas de 3 heures). Ils sont émis par l'administration américaine, sur base d'un traitement automatique des données recueillies. Ils ne sont donc pas validés par l'intervention d'un météorologue. Il faut prendre les informations des fichiers GRIB avec une certaine réserve et essayer de les croiser avec d'autres sources. Nous utilisons ces prévisions depuis plusieurs années avec grande satisfaction.

Les fichiers Grib à bord

  • NAVIMAIL 2 est un programme développé par Météo France et Maxsea pour permettre aux navigateurs équipés d'un accès e-mail (Inmarsat, Iridium, GSM, BLU) de recevoir des fichiers GRIB à bord. Il suffit de dessiner un rectangle avec la souris, sur la zone pour laquelle des informations sont souhaitées. Ces informations sont payantes et fonctions du volume des données souhaitées. Compter 3 à 5 euros pour les champs des vents sur 3 jours dans un carré de 500 x 500 milles. Ceci en plus du coût de 2 minutes de communication. Total +-7 €. Les prévisions sont actualisées deux fois par jour à 03h30 et 15h30 GMT, il faut en tenir compte pour l'heure de téléchargement, afin d'avoir des infos fraîches.
  • Pour lire ces fichiers GRIB, il faut un petit logiciel dégribeur (Navimail 2 et Ugrib sont gratuits, d'autres sont payants), ou un logiciel de navigation qui incorpore un module météo GRIB. C'est le cas notamment de Maxsea, Scannav ou Seapro. Voir les champs des vents s'afficher par pas de 3 heures sur une carte marine à l'écran est assez magique.
  • Pour télécharger directement le logiciel gratuit NAVIMAIL 2 du site Météo France, cliquer sur le lien suivant. Une fois le fichier Grib copié sur le disque dur, il suffit de double cliquer dessus pour que le reste se fasse automatiquement (décompression du fichier, ouverture de NAVIMAIL 2 et affichage de la situation météo à l'heure courante) et même un simili routage.
  • Encore une précision utile sur NAVIMAIL : il est possible de télécharger gratuitement (sauf frais de communication évidemment) le bulletin METAREA (GMDSS system) de n'importe quelle région du monde. Ce bulletin est celui diffusé automatiquement par Inmarsat sur son Standard C. Si vous n'avez pas de Standard C ou que comme c'est le cas fréquemment, le bulletin est plus ou moins amputé de la fin du texte, c'est une possibilité complémentaire de retrouver des infos au large. Celles-ci sont validées par un prévisioniste.
  • Les fichiers GRIB pèsent en moyenne une centaine de Ko. Vu la petite taille de ces fichiers on peut aussi les importer à bord par connexion GSM en navigation côtière.
  • Depuis quelques années, nous avons un peu changé de méthode. Nous n'utilisons plus la requête via Navimail. Un ami à terre nous fait suivre à la demande, un fichier grib de la zone où nous sommes et nous l'expédie par e-mail. Pour la zone Brésil par exemple, nous avons un temps de communication de 6 minutes avec le Mini-M pour récupérer le fichier. Nous disposons de prévisions pour 7 jours par pas de 3 heures pour une zone qui couvre le littoral et le large de Trinidad à Buenos Aires. Une très belle vue d'ensemble. Les coûts sont limités aux 6 minutes de communication, soit également +-7 €, mais pour une échéance double et une étendue plus de 20 x plus grande. L'ami à terre peut compléter son e-mail avec quelques commentaires issus d'autres sources météo (buoyweather ou site météo local par exemple). En traversée hauturière, nous prenons une météo de ce type tous les 2 jours. Très bien pour suivre les dépressions en Atlantique nord.
  • SailMail est un fournisseur d'accès e-mail par BLU. Il est possible de lui envoyer une requête de fichier Grib par e-mail. La réponse suit automatiquement et c'est gratuit, même si vous n'êtes pas membre de l'association et que vous faites votre requête via un e-mail satellitaire. Mon camarade Baptiste (BANIK) a réalisé un article très clair sur le sujet. Je vous invite vivement à le lire.

Les fichiers Grib et autres informations via l'Internet à terre

A terre, tout est plus facile. L'accès Internet d'un cybercafé, ou la connexion WiFi de la marina vont permettre de surfer sur le Net. Les sites météos sont légions, en voici quelques uns. Ce sont les plus employés par les voyageurs à voile :

  • Grib.us : innovant dans sa présentation et dans le chargement des zones. Ce logiciel dégribeur avec une carte mondiale est gratuit. Il suffit d'étirer un rectangle sur le planisphère et de cliquer sur la case "Télécharger fichier grib" > c'est fini. Très bien pour visualiser une transat retour par exemple. Les infos sont indépendantes des zones habituelles de Navcenter et autres. Rare : il affiche également les isobares de pression et les précipitations. Site en anglais, mais logiciel en version française. A bord, il permet de lire les fichiers Grib téléchargés e-mail satellite ou BLU
  • ZyGrib est un afficheur de cartes météo Grib sur fond d'une cartographie mondiale très précise. Les données météos proviennent de la NOAA américaines et de l'allemand Meteoblue. Ce logiciel opensource est gratuit et tourne sous Windows, Mac et Linux. A tester
  • NaviMail 2 : logiciel gratuit qui télécharge (même depuis le bord) et affiche les fichiers Grib. Ceci est le lien direct à la page de téléchargement du programme NaviMail 2 dans le site trop chargé de Météo France. Merci Caramel !
  • Navcenter.com : gratuit. Fichiers Grib de toutes les mers couvertes par des prévisions vent (3 à 5 jours). C'est un site affilié à MaxSea. Afficher les fichiers Grib avec votre logiciel de navigation (Scannav, Maxsea, ...) ou avec un des 2 dégribeurs gratuits ci-dessus. Voir les pages pratiques sur notre site, chapitre Météo. Le chargement des fichiers GRIB est devenu compliqué, je préfère Globalmarinenet
  • Globalmarinenet : mieux que Navcenter et tout aussi gratuit, mais pas besoin de remplir de page d'identification. Les zones sont directement accessibles au bas de la page d'accueil
  • passageweather.com : puise ses données aux mêmes sources que les autres, mais son originalité est qu'il ne nécessite pas de logiciel dégribeur. Le site affiche directement les champs des vents de la zone qui vous intéresse, ainsi que les isobares et les champs de vagues. Un bouton animation permet de faire défiler la situation sur les prochaines heures. Il est également possible d'importer les images affichées incluant la cartographie de fond. Idéal pour se faire une idée immédiate de la situation
  • Pilot Charts US : les vrais Pilot Charts US gratuitement sur le net, offertes par les militaires
  • NOAA : cartes météos gratuites surface, 500mB et champs des vents. Affichage élégant sous forme de pages Flash animées. Prévisions sur plusieurs jours (image ci-dessous)
  • Wind Guru : un site tchèque (version en FR) qui recense des centaines d'endroits dans le monde en donnant des prévisions sur 8 jours. Nous les avons utilisées aux Canaries, en Espagne et en Argentine, c'est assez précis. Je recommande !

 

 
 
 

Météo - GRIB sur iPad et iPhone : Weather4D

Heureux possesseur d’un iPhone et surtout d’un iPad (même d’un iPod Touch), tu vas pouvoir télécharger Weather4D, une application IOS (Apple operating system) exceptionnellement bien faite et soignée.

Olivier, son développeur toulousain, a utilisé des images satellites et des fonds stellaires pour afficher des champs des vents GRIB (de la NOAA) sur 8 jours avec animation automatique. La couverture est mondiale.

Le navigateur visualise très bien la trajectoire des dépressions atlantiques (regarder les animations proposées ci-dessous).

Couverture nuageuse, précipitation, température, pression, hauteur des vagues et CAPE sont disponibles. Pour une meilleure lecture d’ensemble, un nappage coloré peut se superposer aux données.

Outre les informations maritimes, les données terrestres classiques sont affichables et zoomables. Votre position est indiquée si votre ippareil est équipé d’un GPS (iPhone et iPad 3G).

Une série de zones sont prédéfinies, mais vous pouvez définir et enregistrer vos zones personnelles.

Si vous avez un iPhone ou iPad (en HD), c’est une application à posséder obligatoirement pour le prix d’un boulon inox. Vous aurez immédiatement une vue d’ensemble de la situation météo à venir.

Vidéo de 30 secondes pour comprendre : http://vimeo.com/21292677

Voici trois liens vers les animations intégrées dans l'application :

Visitez le site du développeur : hsttp://www.weather4d.com/home

La page App Store de l’application : http://itunes.apple.com/fr/app/weather4d/id418723845?mt=8&ls=1#

 

 
 
 

Voilà une bonne série de moyens déjà testés pour se procurer une météo. Après ça, la décision de prendre la mer vous appartient. Et comme dit mon copain sud africain Steffan : " Si tu es en mer et que le temps devient mauvais, no way tu dois tout de même le subir ", mais son ketch en alu fait 21 m…

Dans le chapitre des liens, se trouvent beaucoup d'adresses utiles dans les rubriques météo et communication.

 

 
 

Je vous invite à lire un article sur le site d'Hydro-Marseille. Il nous livre également des informations intéressantes sur ce phénomène que l'homme semble découvrir. Les liens cités offrent un approfondissement du sujet et une collection de photos qui vont probablement vous donner l'envie d'acheter un camping car ou une maison à la campagne ...

 
 

Terminons sur une photo intéressante de la situation météo du mardi 17 mai 2011 à 20:03 dans le passage de Drake entre Terre de Feu et Péninsule Antarctique (image Weather4D pour iPad/iPhone). Une belle dépression de 935 hPa, des vents de 70 noeuds sur son quart NE (vent moyen), la pluie, la neige... C'est le moment de tirer les marrons du feu pour se réchauffer. Pensez à en prendre un stock avant de partir.

 

HAVE A SAFE TRIP or SAIL SAFE

Date de dernière mise à jour : juin 2012


 

Mises à jour : AOUT 2017
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