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Table des matières.

Chapitre 2 : de La Rochelle à Gibraltar

Il ne faut donc pas traîner, un vent d'est en été dans le golfe de Gascogne se déguste immédiatement, comme le soufflé au fromage : interdiction de le laisser tomber.

A chaque départ en bateau, il y a un cap à virer avant de prendre le large, le nôtre c'est Chassiron à la pointe d'Oléron. Il se fait désirer, le diable, car nous partons tard dans la journée et le soleil chaud lève une brise de mer de laquelle il faut se dégager avant de prendre le " vrai vent " qui est plus en mer. Quelques beaux bords de près et zou nous voilà au portant, cap sur La Corogne en Galice, le coin nord-ouest de l'Espagne.

Dès la première nuit, la réputation du Golfe se rappelle à notre bon souvenir, une méchante houle serrée d'ouest se heurte au vent d'est, chahutant Caramel sérieusement et surtout Alain et Linda qui occupent la cabine avant. Stoïquement Linda tente de rester sur sa couchette, alors que le bateau s'amuse à la faire sauter comme une crêpe. Alain, après son quart s'installe plus confortablement dans la couchette du carré. Au petit matin, les traits sont tirés, on est mou, mais cela pourrait être pire. Etablissement des génois tangonnés et en avant pour une super journée de voile. Caramel joue les tractions avant avec ces 2 voiles qui le tirent littéralement entre 8 et 10 noeuds.

Pétole en fin de journée, mais nous avons déjà fait plus de la moitié du chemin. Nous mettons le moteur, alors que la houle est toujours présente. Bonjour les mouvements désordonnés ! Il s'agit de se tenir.

Soudain après le dîner, le moteur pousse un étrange borborygme. Alain saute immédiatement sur la commande moteur et coupe les gaz (bravo la bonne réaction). Rontudjûû, qu'est-ce que c'est ? Descente dans la cale moteur : Rien, le moteur tourne bien rond, le problème est ailleurs et ailleurs c'est sous l'eau, à l'hélice.

Courage Captain, on est tous avec toi, enfile ta combinaison, ton masque, tes palmes et va donc voir ce qui se passe là-dessous. Super après le repas, enfin, il faut y aller. " Alain, quelle est la température de l'eau ? - Bip Bip - 17 degrés Captain - Je suis ravi " et le Captain d'enfiler en plus ses gants et sa cagoule néoprène.

Assuré par un cordage, le Captain est envoyé au jus par l'équipage qui réalisant enfin qu'il est sur le même bateau, trouve finalement de bon ton de dispenser quelques encouragements.

Un rapide coup d'oeil permet de jauger la situation : un morceau de filet de 2 mètres s'est pris dans l'hélice. Retour sur le pont, capelage de la bouteille de plongée et du couteau à dents de scie pour ce genre d'aventure (et même pire), retour au jus et retour à la situation normale en quelques minutes. C'est fou ce que c'est bleu profond deux mille mètres de fond.

A ce propos, il est amusant de regarder simultanément le sondeur et la carte électronique sur laquelle se déplace le bateau. Avec précision, lorsque Caramel passe à l'écran sur la ligne dessinant la limite du plateau continental, là où les fonds passent de 150 mètres à 1000 mètres, le sondeur est pris de vertige et rend son tablier, incapable de sonder plus de 200 mètres. Il se contente d'afficher une espèce d'ondulation pour se donner bonne contenance en attendant la remontée des fonds.

Catherine, ravie de la bonne tournure des opérations apporte une bonne bouteille de Bordeaux au Captain. Le morceau de filet criminel est vite jugé et son sort est fixé : à la poubelle, nous ne voulons pas qu'il puisse récidiver sur un autre malheureux plaisancier. Pour se venger à titre posthume, il va nous empester durant encore 24 heures. Finalement, nous avons eu de la chance, cela aurait pu arriver de nuit. Nettement moins agréable.

Deux semaines plus tard, nous apprendrons l'histoire de copains de pontons ayant traversé le Gascogne un peu plus tard que nous. De nuit vers 02h, leur bateau s'immobilise mollement, alors que le vent est soutenu. Le skipper houspille le barreur débutant, qui tente de border puis de déborder les voiles sans succès. Enfin l'Atlantide ! Tour d'horizon à la lampe de poche, rien. On est simplement scotché au milieu de nulle part. Tiens c'est quoi à gauche et à droite du bateau ? C'est un (grand) filet de pêche dérivant ! Appel à l'aide radio. Arrivée trois heures plus tard d'une vedette de sauvetage espagnole, remorquage dur pour le désengager, suivi d'un remorquage de 7 heures vers Gijon. Mise sur quai pour inspection de la coque et facture de 8000 FF. Ca commençait fort leur croisière.

Revenons à nos moutons. Précisément cette deuxième nuit nous en envoie des troupeaux à partir de 02h. Le soufflé est retombé et le vent revient au secteur Nord Ouest. Il forcit, et dans la matinée, nous décidons de ne pas forcer notre chemin vers la Corogne mais de suivre une route au plus près du vent qui nous amène à Ribadeo, sur la côte nord espagnole, une centaine de kilomètres avant la Corogne.

 
 
 
 
 
 

Petit port de pierre de taille, village authentique et premiers tapas dans les bistrots, ici plus espagnols que jamais. Nous patientons avec quelques autres voiliers la fin du petit coup de vent. La réputation de gentillesse des espagnols de Galice n'est pas surfaite, et nous découvrons une particularité de leur architecture : toutes les maisons ont de grands bow-windows, preuve de l'humidité et de la rigueur de leur climat. La verdeur de la végétation finira par nous convaincre qu'il s'agit bien ici d'une région humide et froide. L'eau de mer ne franchit pas 17 degrés en juillet dans le meilleur des cas et 14 dans le pire.

Les brouillards sont fréquents en été, les coups de tabac réguliers toute l'année, la mer toujours formée et les pêcheurs ont d'incroyables bateaux semblables à des tanks, fermés de toutes parts, à l'exception de 2 portes coulissantes sur les flancs par lesquels ils manipulent les filets mis à l'eau. Courageux les gaillards, mais ne faut-il pas l'être pour vivre de la pêche sur la "Côte de la mort"...

Les escales se succèdent pour avancer le long de la Galice, de mouillages en escales, nous avançons vers le Portugal. Sur les photos du guide nautique, Catherine essaie de repérer les ports avec piscine, car la natation lui manque.

Nous profitons d'une journée d'arrêt à Portosin pour filer en bus vers St.Jacques de Compostelle, visiter sa cathédrale et se mêler à son cortège de pèlerins, surtout jeunes qui ont fait de longues marches pour arriver dans ce haut lieu de tradition catholique.

Nous visitons (trop) rapidement les rias du nord-ouest de l'Espagne. Ce sont des vues grandioses de montagnes vertes et de villages charmants qui ont la particularité d'avoir de petits greniers à grains sur pilotis en pierre taillées.

Nous finissons en beauté à Bayonna, dernière ville espagnole avant le Portugal. Belle ville fortifiée, Yacht club sélect. L'équipage met un pantalon pour la tournée en ville.

Les alizés portugais ne sont heureusement pas une illusion. Ces vents du nord poussent les bateaux à voiles tout le long de la péninsule ibérique. Après trente heures à cette allure confortable, nous arrivons à Cascais, petite ville de villégiature des Lisbonnais sur la mer, dont elle partage le littoral avec Estoril (merci le circuit et la course de motos durant ce week-end : quel boucan !)

Nous louons une auto et partons à la conquête de Lisbonne par la Tour de Belem. Illustre vieille ville que chacun appréciera suivant différentes opinions. Elle mérite évidemment qu'on s'y attarde, ce que nous n'avons pas fait...

Alain et Linda nous quittent ici (de justesse, suite à une méprise d'aéroport) et Alban rejoint le bord.

Nous visitons le lendemain le village de Sintra, classé patrimoine mondial et son château de la Pena, ancienne résidence d'été de la famille royale d'origine Saxe-Cobourg, excentrique par son mélange de styles germanique et mauresque. Vue imprenable sur la mer et Lisbonne.

Nous devons être dans une semaine à Gibraltar pour le départ des 2 équipiers, il nous faut donc larguer les amarres pour continuer cette trop rapide descente vers le midi. Cap sur l'Andalousie et le soleil.

Encore une bonne trentaine d'heures pour virer le cap St Vincent (encore un cap à virer) et slalomer de nuit entre les chalutiers.

Pour faire escale à Cadiz la chaude. Nous sommes enfin arrivés au pays du soleil, nous pouvons enfin quitter ici les vestes et les polaires, voici venu le temps des shorts et des tee-shirts. Pour la natation ce n'est pas encore ici : seulement 18 degrés.

Beaucoup de vie le soir à Cadiz, nous sommes près de la vieille ville fortifiée dont l'accès est essentiellement piétonnier et qui, comme les autres, a su garder une âme profonde et plus qu'une ambiance : une atmosphère. Tous les soirs vers 21 heures, les rues s'animent, les tables colonisent les rues et se remplissent, les gens déambulent et palabrent, les enfants jouent tard dans la nuit, tous se retrouvent sur les lieux publics pour profiter de la fraîcheur nocturne et pérenniser cet art de vivre espagnol.

Nous sommes dans le sud et ici le temps s'écoule différemment, on a le temps, c'est le pays de 'mañana', dans les 2 sens du terme (demain ou plus tard ...).

Mais il faut y prendre garde, tout n'est pas indolence, l'Espagne rattrape très rapidement son "retard" sur les pays nord européens. Des quartiers neufs s'érigent un peu partout, la construction bat son plein (le béton malheureusement est moche sous toutes les latitudes), les banques rivalisent en nombre et en superbe, la téléphonie est partout et les rues commerçantes sont bien plus achalandées que chez nous. Manifestement le niveau de vie a fait un grand bond en avant ces dernières années.

Difficile de s'extraire de Cadiz et de ses façades en azulejos mais planning oblige, on se tâte pour faire les 80 milles restants en une ou deux étapes. Nous choisissons finalement la seconde solution.

En avant sur Barbate, un port de pêche espagnol tourné sur la capture du thon. Le vent est toujours nord-ouest et c'est à nouveau vent arrière que nous descendons plus au sud.

Le cap Trafalgar, de douloureuse mémoire pour certains, nous attend pour nous balancer à la proue 35 noeuds de vent (65 kms/h). Vent de face. Nous voilà bon pour tirer des bords sur le dernier tiers du trajet. Ca mouille bien, donc ça sale bien, heureusement que le père Amel n'aimait pas être mouillé, il a prévu un système repliable de capote ceinturant bien le cockpit, et nous sommes toujours en maillot à l'abri du vent et des embruns.

De la brume devant nous se dégage tout à coup un sommet élevé, un coup d'oeil sur la carte, c'est bien le continent africain qui se dévoile. Emotion

Un petit coup de pouce du Yanmar (moteur) et nous arrivons à Barbate. Toutes maisons blanches, basses et rectangulaires. Certains pignons ornés de créneaux. Du sable et des résineux aux fines aiguilles. C'est déjà l'Afrique du nord.

Un filet à thon est déployé depuis l'entrée du port jusqu'à 4 kms au large. Insensé, à peine balisé certainement invisible de nuit, mais à qui se plaindre, nous sommes chez eux et ce filet est presque un rituel. Le village a toujours vécu de cette pêche durant les mois d'été. Une passe de 50 mètres est ménagée à la jetée du port et nous nous y faufilons.

Pas de chance, un concours de pêche (au thon évidemment) est organisé par le village et les pontons de la marina sont réservés aux vedettes de pêche au gros, affublés d'un gros siège pivotant sur la plage arrière. Nous sommes relégués avec les quelques autres visiteurs sur un ponton au fond du port... consciencieusement tapissé de guano par les goélands. Enfin on ne va pas se plaindre, on a un robinet d'eau (saumâtre) et quelques prises électriques éparses traînant au bout d'un vieux câble. Le dit câble attaché à une paire de fusibles à l'air libre et posés dans les rochers à l'enracinement du ponton. Mais tout cela fonctionne bien. Quand on vous disait que l'Espagne est en route...

Le Levanter (vent fort d'est) est maintenant bien établi et nous passons la journée du lendemain gîté à 15° sur le ponton. Adieu les belles chaussettes de nos pare-battages.

La chaleur est étouffante, car l'humidité dépasse 90%. Un fin sable rouge vient d'Afrique et se dépose partout sur le bateau, nous obligeant à tout fermer. Heureusement, le courant disponible sur le quai permet de faire fonctionner la climatisation dans le bateau.

Le quai est très international : anglais, irlandais, français, norvégiens , suisses, belges, tous sur des montures très différentes. On commence à présent à sentir le voyage. Certains reviennent d'une année sabbatique aux Antilles, d'autres s'en vont vers les tropiques. Les norvégiens, gars bourrus descendants directs des Vikings auxquels ils ressemblent viennent de faire une grande tournée dans les glaces arctiques avec un énorme bateau " home made " et se réchauffent difficilement les os.

Les francophones (très nombreux sur les mers) se rassemblent pour des apéros où chacun raconte ses petites histoires de navigation et refait le monde (nautique en tout cas).

Déjà dimanche 21 juillet (Oh c'est la fête nationale belge), et l'équipage descendant doit prendre son avion demain. Le vent est plutôt calme au port, et nous tentons de faire le dernier bout de chemin vers Gibraltar. Peine perdue. Le détroit est un haut lieu de la complexité météo et océanographique. Après deux heures de shaker, il nous faut rebrousser chemin et se ranger à nouveau le long du guano ibérique. Aujourd'hui le Levanter c'est le chef. Rompez et sans discussions.

Changement de programme, lundi matin Alban et Yves partent en bus vers Malaga Aeropuerto (4 heures de trajet), non sans avoir fait répéter à notre suisse la quinzaine de mots bruxellois que nous lui avons appris durant ces trois dernières semaines. Délicieux.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Nous louons une des 2 autos disponibles au village et profitons de la journée pour visiter Séville. Quelle excellente idée, c'est une ville somptueuse, d'une richesse formidable, les bâtiments tous plus beaux les uns que les autres. De grands parcs, héritage de l'expo hispano-américaine de 1929, des palais couverts d'azulejos, ces faïences peintes à la main, une cathédrale monumentale, l'Alcazar (malheureusement fermé le lundi), le Parador Alfonso XIII, le centre historique piétonnier, des palmiers partout. Il faudrait vraiment pouvoir y passer quelques jours au printemps.

Car passé mi-juillet, c'est vraiment chaud et le coup de cloche de 16 heures nous invite à rentrer au " Corte Ingles " (genre Bon Marché parisien), pour y respirer de l'air frais et tenter de reconnecter nos neurones.

On y trouve de tout et surprise, même des salons de coiffure pour hommes et pour femmes. Catherine et le Captain se font faire la coupe à l'espagnole (c'est à dire 1- on coupe les cheveux 2- on les lave). Délicieux moment de fraîcheur, mais refusez à la fin la bombe de fixateur que Figaro vous présente dans un geste lyrique.

Retour à Barbate à une heure avancée de la nuit dans un brouillard humide et froid à tel point que l'on s'est retrouvé sur la plage, perdu avec la voiture!

 
 

Nouveau départ sur Gibraltar ce mardi. Ce sera le bon, le vent a tourné à l'ouest. Parti avec 10 noeuds, Tarifa, le point le plus sud d'Europe, nous cueille avec 35 noeuds. Caramel trottine à 8-9 noeuds sous génois seul.

Ici c'est comme à Londres avec le soleil en plus.

Vraiment étonnant ce bout de Grande Bretagne ceinturé d'hidalgos. Tout rappelle le Royaume-Uni, l'architecture, les pubs, le style, les magasins, les bobbies, le marché. Mais les prix sont affichés en livres sterling, et comme les habitants parlent anglais ou espagnol, ils acceptent également les pesetas et vous rendent la monnaie en livres de Gibraltar...

Heureux pays où les gens sont gentils, les téléphones n'ont que 5 numéros, comme les voitures d'ailleurs. C'est également à notre connaissance le seul morceau de Grande Bretagne où l'on roule à droite (avec des conduites à gauche tout de même).

L'entente avec les espagnols est paraît-il meilleure, mais il faut toujours faire minimum 30 minutes de file en voiture à la frontière (zèle des espagnols). La radio annonce d'ailleurs le temps d'attente tout au long de la journée. L'eau potable au ponton est facturée au litre, car elle est obtenue uniquement par dessalement de l'eau de mer (ça fait cher le rinçage du bateau), de même pour l'électricité produite localement. L'entente n'est pas totale et le courant passe encore difficilement (ah ah facile).

 
 

La grande baie de Gibraltar accueille beaucoup de cargos de tous horizons, preuve d'une énergie commerciale débordante. On dit que si l'on ne trouve pas ce que l'on cherche ici, c'est que ce n'est pas disponible. Ce n'est probablement pas tout à fait vrai.

Le soir au soleil couchant, la brume de chaleur se lève et inonde la baie en levant un décor féerique. C'est l'heure de notre dîner dans le cockpit. Nous sommes toujours en maillot de bain et profitons enfin d'un peu de fraîcheur devant le spectacle. Pour le petit déjeuner c'est la même chose, mais ce sont les montagnes de la côte marocaine qui se hissent le col au dessus de la brume pour regarder Caramel de haut.

 

Il ne faut évidemment pas manquer la montée en téléphérique au sommet du rocher (the Rock) pour admirer un panorama exceptionnel , qui embrasse l'Espagne, la Méditerranée, l'Atlantique, Gibraltar et les montagnes marocaines : 2 continents et 2 océans du même coup d'oeil : rare. La descente à pied se fait au milieu des singes locaux qui ne meurent pas de faim et qui amusent les badauds que nous sommes tous en faisant des singeries (ce qui après tout est leur métier).

Une petite visite à la belle grotte St.Michael que les anglais ont eu l'étrange idée d'aménager en salle de spectacle.

Nous sommes contents de nous retrouver un peu au calme dans cette bulle de civilisation anglo-saxonne, après avoir aligné près de 1.900 miles (3.500 kms) en 6 semaines, car il faut savoir alterner les plaisirs de la navigation en équipage et la détente aux escales. Catherine s'est beaucoup occupée de la restauration de l'équipage et maintenant le temps de vivre est au programme de cette semaine.

Ce jeudi soir c'est le " Happy Thursday Evening " sur le Rocher, c'est le soir de sortie des locaux et nous avons déjà été invité par un résident à nous joindre à un dîner d'amis, suivi d'une verre à Casemate Square qui s'enjazze chaque jeudi. Socialising quand tu nous tiens...

Cela dit, il traîne parfois de drôles de zozos par ici. En revenant de notre social evening, nous apercevons dans une darse voisine de notre quai, un très gros pneumatique tournant lentement en rond et en marche arrière. Intrigués, nous nous arrêtons pour examiner le cirque. L'embarcation à l'air de couler par l'arrière et... il n'y a personne dedans ! Pas de temps de se poser plus de questions, voilà que jaillissent en trombe de la nuit, 3 pneumatiques aussi impressionnants que noir. Prestement, un des arrivants saute dans le dinghy abandonné et tous repartent vers l'avant port. Fin de la scène. Discussion avec un voisin de ponton qui nous apprend que c'est lui qui a appelé la police et que le premier pneumatique a été abandonné par un passeur de haschisch marocain pourchassé par les forces de l'ordre. L'homme a été aperçu abandonnant son embarcation et s'enfuyant par dessus la haute clôture, ceinturant … un quartier de police. Le gars devait s'être mal renseigné, mais on ne l'a pas repris.

Le lendemain, mais ce sont les douaniers qui prennent en charge un autre larron chevauchant son jet ski. Fin de l'histoire : plus de bonhomme et un jet ski remorqué. Il semble que la contrebande de cigarettes et le passage du haschich soit des passe-temps qui donnent bien de l'ouvrage aux officiels.

Nous avons également nos petits soucis, comme Catherine qui s'est cassé le petit orteil en faisant du ménage dans le bateau (blessure de guerre). Elle en est quitte pour une mini-attelle durant 15 jours : pas pratique.

Et ce vent fort depuis 2 jours qui nous chahute et qui couvre le bateau d'une poussière rouge collante (pas de chance avec une eau facturée au litre). "The first time for 5 months", évidemment.

Nos équipiers devaient arriver hier en début de soirée et comme Soeur Anne nous n'avons rien vu venir. Le malheureux Cyrille s'est présenté hagard cette nuit vers 01h00, et nous attendons Yannick qui a dû resté coincé à Malaga ou ailleurs, entre deux "embodegas" de la circulation espagnole.

Nous rassemblons nos forces vives et nos provisions pour mettre le cap sur le Maroc et Ceuta, avant le grand saut vers les Canaries. Mais nous vous le conterons plus tard, si vous le voulez bien.

Catherine & Patrick aboard Caramel
at QueensWay Marina in Gibraltar on July 31st 2001


 
 
 
 
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