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Table des matières.

Chapitre 1 : le galop d'essai

Catherine, Patrick et Fritz, nous sommes tous trois devant l'écran de la cartographie électronique et contemplons la fine trace rose dessinant sur l'afficheur la trace suivie par le bateau. Enfin nous bougeons sur l'eau, après trois semaines scotchés au port à La Rochelle.

Bien sûr, la première semaine a bien été remplie, livraison Super Maramu 2000, instruction par le chantier. Tout était neuf, et il nous fallait assimiler beaucoup de choses, car Caramel est complexe mais pratique à la fois. Complexe par l'équipement technique qui s'y trouve et pratique, car les chantiers Amel ont mis au point beaucoup de solutions ingénieuses qui permettent de manoeuvrer le bateau pratiquement seul, en utilisant des techniques qui leurs sont propres.

Donc formation dans le bateau (les documentations techniques ne remplissent pas moins de 8 classeurs) et 2 sorties en mer pour la manipulation des voiles.

Après la digestion de la première semaine, une autre dure semaine nous attend : le rangement du matériel à bord. L'équipement du bateau était stocké durant ces derniers mois aux chantiers, et maintenant il nous faut l'ordonner et surtout lui trouver une place logique à bord. Cinq palettes de matériel à caser. Franchement, au début on n'y a pas cru. Jamais on ne pourra tout stocker, les caisses de déménagement en carton s'amoncellent sur le bateau et la ligne de flottaison s'enfonce.

Dix jours, c'est ce qu'il aura fallu pour y trouver une place appropriée au matériel, complété avec quelques articles de dernière minute. On voit maintenant plus clair. Catherine commence des housses pour les coussins du carré et prend en charge les courses pour les choses qui nous manquent encore. Fritz s'occupe de placer le matériel technique sur le bateau, avec le soin qui le caractérise.

Nous nous débattons également sur un autre front : celui de l'obtention des papiers du bord, toujours promis pour le lendemain mais qui n'arrivent toujours pas.

La dernière semaine est longue et le temps estival n'est pas un complice pour calmer notre envie de larguer les amarres. Heureusement, nous avons encore une voiture sur place, et Catherine nous organise la visite de la Corderie Royale de Rochefort qu'il ne faut pas manquer si vous passez dans la région, de même qu'une balade en barque sur le marais poitevin, le tour de l'île de Ré et quelques visites chez André, restaurateur de son état.

 

Miracle lundi 11 juin, le "Blue Book" magique arrive aux chantiers. Caramel est donc autorisé à quitter le port, après avoir été dignement baptisé d'un nectar à bulles sur l'étrave et s'être acquitté des semaines d'amarrage à la Capitainerie. Nettoyage général et adieu aux déjà copains de ponton.

Mardi matin, départ en fanfare après le petit déjeuner vite expédié et nous voilà déjà sous le pont de l'île de Ré. Premier pincement de coeur : passera ­ passera pas ? Quel présomptueux ce Captain, il reste encore 10 m au-dessus des antennes du grand mât. Le vent n'est pas vraiment au rendez-vous, ce qui n'est pas plus mal pour le rodage de l'équipage. L'île d'Yeu nous voit arriver en fin d'après-midi et nous la saluons par une manoeuvre d'accostage cul à quai, un peu tendue mais sans bavures.

L'étape suivante vers Le Palais à Belle-île nous permet de tester quelques bords de près dans une gentille brise et toujours sous un soleil de saison.

Le troisième jour s'annonce nettement plus intéressant. Le vent vient par notre travers, ce qui nous permet de mettre une voile supplémentaire entre les 2 mâts : le spi d'artimon . Cette jolie voile colorée accélère de 1 noeud de vitesse et embellit la silhouette du bateau. Nous voguons à 9 noeuds, la stabilité de route et la puissance dégagée par le bateau est impressionnante : une locomotive ce Caramel.

Mais le temps se couvre, le vent monte et il nous faut affaler en catastrophe, en lui taillant une petite boutonnière de 40 cm. Bon, il faut toujours abîmer quelque chose sur un bateau neuf, maintenant c'est fait, et heureusement ce n'est pas grave.

 

Mardi matin, départ en fanfare après le petit déjeuner vite expédié et nous voilà déjà sous le pont de l'île de Ré. Premier pincement de coeur : passera ­ passera pas ? Quel présomptueux ce Captain, il reste encore 10 m au-dessus des antennes du grand mât. Le vent n'est pas vraiment au rendez-vous, ce qui n'est pas plus mal pour le rodage de l'équipage. L'île d'Yeu nous voit arriver en fin d'après-midi et nous la saluons par une manoeuvre d'accostage cul à quai, un peu tendue mais sans bavures.

L'étape suivante vers Le Palais à Belle-île nous permet de tester quelques bords de près dans une gentille brise et toujours sous un soleil de saison.

Le troisième jour s'annonce nettement plus intéressant. Le vent vient par notre travers, ce qui nous permet de mettre une voile supplémentaire entre les 2 mâts : le spi d'artimon . Cette jolie voile colorée accélère de 1 noeud de vitesse et embellit la silhouette du bateau. Nous voguons à 9 noeuds, la stabilité de route et la puissance dégagée par le bateau est impressionnante : une locomotive ce Caramel.

Mais le temps se couvre, le vent monte et il nous faut affaler en catastrophe, en lui taillant une petite boutonnière de 40 cm. Bon, il faut toujours abîmer quelque chose sur un bateau neuf, maintenant c'est fait, et heureusement ce n'est pas grave.

 
 

Les grains se suivent durant toute la journée poussant le vent jusqu'à trente noeuds. Le gréement du bateau fait merveille. En quelques secondes les voiles se réduisent ou se déploient. L'équipage est bien abrité dans le cockpit sous la capote, et se sent bien en sécurité. Caramel se sent bien également et nous offre une pointe à 10 noeuds grâce aux encouragements de l'équipage. Nous longeons par tribord les îles Glénan méconnaissables dans les grains et finissons sous le soleil à Bénodet, escortés par un bateau de la douane qui vient faire un petit contrôle à bord.

 

U n avis de vent de force 7 avec des grains nous conseille de rester les 2 jours suivants à Loctudy, port de pêche spécialisé dans la langoustine. Nous ne nous en plaindrons pas, car le village est charmant et les langoustines fraîches cuites dans le bateau sont absolument délicieuses.

Nous devons aller à Guernsey et il est grand temps d'y arriver. Grand saut au travers du raz de Sein, du chenal du Four et cap toute la nuit sur Guernsey que nous atteignons le lendemain. Belle journée avec une bande de 6 dauphins qui font des cabrioles à l'étrave, passent sous le bateau, se bousculent pour mieux sauter hors de l'eau. On les voit presque rire.

Un jour à Guernsey nous permet de visiter la maison où Victor Hugo résida en exil pendant 15 ans et se rôder à la british ale.

 

Cap sur Jersey, sa soeur et concurrente. Soleil sur la voûte bleue et petits airs. Fritz met une ligne, le Captain aussi. Comme d'habitude rien pour le Captain et 3 prises pour Fritz. Elles passent à la casserole le lendemain, dans une nouvelle recette au micro-onde (maquereau moyen nettoyé : 3'30'' à 750 W > lever les filets + citron, poivre sel). Deux petits requins amoureux s'ébattent à moins de 100 m sans nous prêter la moindre attention, de même qu'un poisson-lune qui frappe la surface de l'eau de sa nageoire dorsale très nonchalamment.

Jersey gagne à être connue. L'arrivée par la mer au port de St.Hélier est peu flatteuse, mais la ville est bien développée et très agréable. On y trouve de tout et les gens sont particulièrement accueillants. Des amis Sud-africains y réaménagent un ketch en alu de 20 mètres et nous serions bien encore restés un peu avec eux, mais décidément, nous sommes victimes de notre planning et il nous faut déjà repartir.

 

Cap sur Lézardrieux en Bretagne nord, niché dans un repaire de gros rochers granitiques et gardé par l'île de Bréhat. Nous essayons notre annexe Zodiac avec le 10 cv et remontons la rivière sur 7 km. L'arrière pays est très boisé et les coteaux de la rivière n'accueillent que quelques maisons privilégiées. Super une annexe qui déjauge avec 3 adultes à bord, cela permet de faire du tourisme.

Maintenant, il faut vraiment partir sur La Rochelle pour quelques mises aux points par le chantier et après une nuit au mouillage dans l'Aber Wrach, nous faisons route en une étape de 30 heures vers le but final. La nuit en mer est sans lune, éclairée seulement par les étoiles et le sillage laiteux des 5 dauphins qui viennent jouer à l'étrave vers 02h du matin. Inoubliable, ces corps fuselés dont on ne voit que la trace lumineuse dans le plancton phosphorescent.

Le passage du raz de Sein à contre courant est également impressionnant : 5,5 noeuds de courant, alors que nous faisons 7,5 noeuds au moteur. Le calcul est simple : l'avance est lente.

Revoilà le pont de l'île de Ré et notre ponton Amel. Dès le lendemain, l'équipe Amel se met au travail et en 2 jours les remarques sont levées. Gentillesse, compétence et professionnalisme sont les cartes maîtresses du chantier.

Nous changeons d'équipage : Fritz retourne au lac de Neuchâtel avec ses amers en forme de montagne et nous accueillons Yves, Alain et Linda pour la traversée du golfe de Gascogne et la descente sur Gibraltar.

Sur le ponton Amel, l'ambiance est fébrile, car une fenêtre météo s'ouvre, documents Météo France à l'appui. Des copies de cartes des vents circulent sur le ponton.

 
 
 

Deux bateaux sont partis jeudi, d'autres équipages font des va-et-vient, les uns avec des provisions, les autres avec du gasoil. Derniers bricolages et les familles viennent prendre un dernier verre à bord. Nous donnons un peu de corne de brume pour les départs et quittons dimanche en même temps que Fidji et Odoana. Ils se rendent à Gijon. C'est à une journée de moins que nous qui partons sur la Corogne. Quelques échanges radio avec eux le premier soir et le premier matin, puis chacun continue sa route.

Ecrit le 02 juillet 2001, au milieu du Golfe de Gascogne, sous le soleil et par 3.000 m de fond.

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Mises à jour : AOUT 2017
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